Yemen (Le Journal de Bruxelles) – Le gouverneur d’Hadramawt, Salem Al-Khanbashi, a lancé une « opération pacifique » pour reprendre les positions occupées par les séparatistes du CTS soutenus par les Émirats. Il a précisé qu’il ne s’agissait ni d’une déclaration de guerre ni d’une escalade. Cette action suit le retrait des troupes émiraties et une frappe saoudienne sur le port de Mukalla visant des cargaisons d’armes. Al-Khanbashi a été nommé à la tête des forces du Bouclier national pour coordonner l’opération.
Le Gouverneur Al-Khanbashi Annonce une Opération Pacifique
Le gouverneur saoudien de la province yéménite d’Hadramawt, Salem Al-Khanbashi, a annoncé vendredi une « opération pacifique » visant à reprendre les positions militaires occupées le mois dernier par le Conseil de transition du Sud (CTS) soutenu par les Émirats arabes unis.
Al-Khanbashi a précisé :
« Cette opération n’est ni une déclaration de guerre, ni une tentative d’escalade des tensions»,
peu après avoir été nommé à la tête des forces du Bouclier national soutenues par l’Arabie saoudite à Hadramawt.
Ses propos présentent l’action comme une récupération mesurée plutôt qu’une confrontation militaire, même si son nouveau rôle de commandement implique la possibilité d’une intervention armée en cas de résistance.
Saisies du CTS le Mois Dernier
Le CTS a pris le contrôle de larges zones du sud du Yémen le mois dernier, une avancée que l’Arabie saoudite considère comme une menace pour ses intérêts.
Les forces du CTS, principalement actives dans le sud, ont progressé dans les régions pétrolières et gazières clés d’Hadramawt, s’emparant de bases et de ports essentiels pour l’influence saoudienne après le confinement des Houthis.
Le Conseil présidentiel reconnu internationalement a condamné ces avancées comme des violations des accords d’unité.
Frappe Saoudienne sur le Port de Mukalla
L’annonce de l’opération a suivi une frappe aérienne de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite sur le port de Mukalla, visant un envoi présumé d’armes pour les séparatistes depuis les Émirats arabes unis.
L’Arabie saoudite a soutenu les appels du Conseil présidentiel pour que les forces émiraties quittent le pays dans les 24 heures, entraînant l’annonce du retrait des troupes restantes par Abou Dhabi.
Le retrait des Émirats a été présenté comme l’achèvement des objectifs de mission, mais les tensions avec Riyad persistent depuis 2019 en raison de rivalités dans le sud du Yémen.
Réponse de la Coalition
La coalition saoudienne au Yémen a déclaré qu’elle réagirait aux mouvements militaires à Hadramawt, soulignant la position ferme de Riyad face à l’expansion du CTS.
Les porte-parole de la coalition ont averti que toute avancée séparatiste supplémentaire entraînerait une réponse décisive pour préserver l’intégrité territoriale sous le gouvernement reconnu.
Ces développements révèlent la fracture des alliances du Golfe, initialement unies contre les Houthis mais désormais en compétition pour l’influence post-guerre.
Importance Stratégique d’Hadramawt
Hadramawt, la plus grande province du Yémen, possède d’importantes réserves pétrolières et l’archipel stratégique de Socotra, ce qui en fait un enjeu majeur pour les soutiens extérieurs.
Le contrôle du CTS menace l’accès saoudien aux ports tels que Mukalla, essentiels pour la logistique de la coalition et les opérations anti-Houthis.
Les forces du Bouclier national, sous le commandement d’Al-Khanbashi, visent à restaurer les lignes pro-gouvernementales sans provoquer de représailles émiraties.
Le CTS Rejette les Appels au Retrait
Les séparatistes du CTS ont rejeté les appels au retrait après la frappe saoudienne, affirmant qu’ils défendraient leurs gains contre toute ingérence du nord.
Les milices soutenues par les Émirats se positionnent comme protectrices de la structure fédérale yéménite face à la centralisation du gouvernement Hadi.
La rapidité des prises de contrôle du CTS exploite les divisions au sein de la coalition anti-Houthis.
Exigences du Conseil Présidentiel
Le Conseil présidentiel yéménite a demandé le départ des Émirats dans un délai de 24 heures, invoquant des violations de souveraineté.
Le conseil coordonne les factions alignées sur l’Arabie saoudite et considère le CTS comme une menace existentielle pour l’unité du pays.
Le retrait des Émirats a été annoncé après la frappe sur les cargaisons d’armes supposées à Mukalla.
Coalition Anti-Houthis Fracturée
La rupture entre l’Arabie saoudite et les Émirats remonte à l’auto-déclaration du CTS en 2019 et s’est intensifiée avec les affrontements à Aden en 2022.
Riyad privilégie le confinement des Houthis et le maintien du gouvernement d’unité, tandis qu’Abou Dhabi soutient l’autonomie du sud.
Les récentes manœuvres à Hadramawt risquent d’alimenter une guerre par procuration dans l’est du pays, riche en pétrole.
Double Rôle d’Al-Khanbashi
Nommé récemment commandant du Bouclier national, Al-Khanbashi assure la coordination entre gouvernance et militaire à Hadramawt.
Les forces comprennent des levées tribales loyales au patronage de Riyad, avec une capacité d’intervention armée si nécessaire.
Implications pour la Guerre au Yémen
L’« opération pacifique » teste la résistance du CTS sans provoquer une confrontation totale.
Un succès pourrait unifier le front anti-Houthis, tandis qu’un échec relancerait les affrontements par procuration entre Riyad et Abou Dhabi.
La médiation de l’ONU reste bloquée en raison des fractures dans le sud et des rivalités au sein de la coalition anti-Houthis.