Trump menace l’Iran si répression des manifestations violente

Lailuma Sadid
Credit: Getty Images

Iran (Le Journal de Bruxelles) – Le président américain Donald Trump a averti que les États-Unis interviendraient si l’Iran réprime violemment ses plus grandes manifestations depuis trois ans. Celles-ci, entrées dans leur cinquième jour, ont déjà fait au moins deux morts à Lordegan par des tirs des forces de sécurité. Les manifestants réclament des réformes économiques et un changement de régime, tandis que la répression se poursuit dans des villes comme Téhéran. Les organisations de défense des droits humains dénoncent l’usage répété de la force létale et plus de 1 500 exécutions en 2025.

Avertissement sévère de Trump à Téhéran

Le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis interviendraient si l’Iran réprime violemment les manifestations pacifiques, alors que le pays connaît les plus grandes protestations depuis 2022.

Trump a présenté cette éventuelle action américaine comme un soutien aux « manifestants pacifiques exerçant leurs droits fondamentaux », la contrastant avec ce qu’il a qualifié de « répression brutale » du régime iranien.

Les manifestations entrent dans leur cinquième jour

Les protestations, provoquées par l’effondrement de la monnaie et l’aggravation de la pauvreté, se sont étendues de Téhéran à plusieurs villes du pays, y compris Lordegan, ville du sud-ouest devenue point chaud des affrontements.

Les médias affiliés à l’État ont confirmé au moins deux morts, tandis que l’organisation de défense des droits humains Hengaw, basée à Oslo, a rapporté qu’une victime avait été touchée par des balles réelles et était décédée avant d’être prise en charge médicalement.

Des témoins ont décrit les rues de Lordegan comme un « champ de bataille », avec des forces de sécurité « tirant sans pitié », tandis que des vidéos montrent des foules fuyant sous les tirs et la fumée.

Témoignages depuis l’exil

Ebrahim Eshaghi, lutteur iranien originaire de Lordegan et vivant en Allemagne, a relayé les messages des manifestants :

« Aujourd’hui, les habitants de ma ville sont descendus dans la rue pour réclamer leurs droits. Deux jeunes ont déjà été tués et beaucoup d’autres sont blessés. »

Il a ajouté :

« Nous demandons à tous les peuples du monde de faire entendre notre voix. La République islamique est l’ennemi de nous tous »,

appelant à une solidarité internationale.

Racines économiques et colère sociale

Roya Boroumand, directrice du Centre Abdorrahman Boroumand pour les droits humains en Iran, a expliqué que la contestation était liée à la détérioration du niveau de vie :

« De plus en plus d’Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté et n’ont aucun espoir d’amélioration notable de leurs conditions de vie. »

« Ils sont en colère contre la mauvaise gestion, la corruption et des politiques qui causent la misère dans le pays »,

a-t-elle ajouté.

Boroumand a noté que l’État considère toute protestation anti-gouvernementale comme illégale, laissant peu d’espace pour des manifestations légales, ce qui entraîne un cycle de « soulèvements populaires et de répressions meurtrières ».

Le climat de peur alimenté par les exécutions

Les manifestations interviennent après une année ayant enregistré plus de 1 500 exécutions, le nombre le plus élevé depuis 1989, utilisées pour « instiller la peur et écraser la dissidence », selon Amnesty International.

Le directeur régional d’Amnesty, Hussein Baoumi, a déclaré :

« Les exécutions sont réalisées après des procès gravement injustes, tenus à huis clos, accompagnés de torture et de confessions forcées ».

Cette répression renforce la détermination des manifestants à réclamer des changements systémiques au-delà des simples mesures économiques.

Rhetorique d’intervention de Trump

La menace d’intervention de Trump rappelle sa campagne de « pression maximale » lors de son premier mandat, incluant sanctions et élimination de Soleimani.

Il a distingué les manifestations pacifiques de la violence, exhortant Téhéran à

« respecter les droits humains ou faire face aux conséquences ».

Les analystes estiment que cette déclaration cherche à tirer parti du mouvement de contestation pour affaiblir le régime iranien alors qu’il connaît des revers régionaux.

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Lailuma Sadid est une ancienne diplomate à l'ambassade de la République Islamique d'Afghanistan auprès du Royaume de Belgique, en charge des affaires liées à l'OTAN. Elle a suivi des formations à l'OTAN et a été intervenante lors d'événements au siège de l'OTAN à Bruxelles, ainsi qu'aux Pays-Bas, en Allemagne, en Estonie et en Azerbaïdjan. Sadid a également été reporter politique pour l'agence de presse Pajhwok, couvrant la conférence de Londres en 2006 et le sommet de Lisbonne en 2010.
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