Téhéran (Le Journal de Bruxelles) 14 janvier 2026 – L’Iran affirme être en mesure de riposter à une éventuelle attaque américaine au milieu d’une révolte antigouvernementale en cours. Des évacuations partielles de personnels américains ont lieu dans des bases au Moyen-Orient. Le président américain Donald Trump menace d’intervenir militairement si les manifestations sont réprimées violemment.
Les tensions s’intensifient entre Téhéran et Washington alors que des manifestations antigouvernementales se poursuivent en Iran, avec des évacuations préventives aux bases américaines dans la région et des avertissements iraniens de riposte.
Quelle est la situation actuelle des manifestations en Iran ?
Des rapports font état d’une activité de protestation à un niveau relativement faible à travers l’Iran le 13 janvier 2026. Selon l’Institute for the Study of War, ces manifestations persistent malgré une répression signalée.
L’ambassade des États-Unis en Iran a émis une alerte de sécurité le 12 janvier 2026, indiquant que les protestations s’intensifient dans tout le pays et pourraient tourner à la violence, entraînant des arrestations et des blessures.
Des rassemblements organisés par les autorités iraniennes à Téhéran ont eu lieu le 13 janvier pour honorer les personnels de sécurité tués lors des protestations, selon Iran International.
Quelles mesures prennent les États-Unis face aux tensions ?
Certains personnels à la base militaire américaine clé d’Al Udeid au Qatar ont été invités à évacuer d’ici le soir du 14 janvier, a indiqué un responsable américain à ABC News. Cette base abrite des milliers de militaires américains.
Les États-Unis retirent également du personnel de plusieurs grandes bases militaires au Moyen-Orient par précaution en raison des tensions régionales accrues, a rapporté Reuters cité par Iran International.
Cette base qatarie avait été visée par l’Iran en juin en représailles à des frappes américaines sur ses installations nucléaires, selon des déclarations iraniennes récentes.
Quelle est la réponse iranienne aux menaces américaines ?
Un conseiller du Guide suprême iranien, Ali Shamkhani, a déclaré sur la plateforme X que le président américain, qui évoque souvent l’agression futile contre les installations nucléaires iraniennes, devrait aussi mentionner la destruction de la base américaine d’Al-Udeid par des missiles iraniens. Cela démontrerait la volonté et la capacité de l’Iran à répondre à toute agression, a-t-il ajouté.
L’Iran a averti l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Turquie qu’il frapperait les bases militaires américaines sur leur sol en cas d’attaque de Washington, selon un haut responsable iranien cité par Iran International.
À Téhéran, un placard exposé lors d’un événement d’État a menacé le président Donald Trump, affirmant qu’un futur tir ne raterait pas la cible, en référence à l’attentat contre lui en juillet 2024.
Quels échanges diplomatiques ont eu lieu récemment ?
Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, s’est entretenu par téléphone avec le cheikh Mohammed ben Abdelrahman Al Thani, Premier ministre qatari. Ce dernier a réaffirmé le soutien du Qatar aux efforts de désescalade et aux solutions pacifiques pour la sécurité régionale, selon un communiqué sur X.
Le Qatar a déclaré que ces mesures d’évacuation américaines au Qatar répondent aux tensions régionales actuelles et que Doha met en œuvre toutes les mesures nécessaires pour protéger ses citoyens, résidents et infrastructures critiques.
Quelle est la position du président Trump sur la crise iranienne ?
Le président Donald Trump a averti les dirigeants iraniens de ne pas utiliser la force contre les manifestants, déclarant qu’il répondrait de manière similaire en cas de tirs sur les protestataires. Il a encouragé les Iraniens à poursuivre les manifestations, affirmant que de l’aide était en route, selon Iran International.
Trump a indiqué être prêt à mener des opérations militaires en Iran si le gouvernement continue de réprimer les protestataires, a rapporté ABC News.
Quelles réactions internationales observe-t-on ?
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a critiqué les méthodes américaines sur la scène mondiale, les qualifiant de reflet d’une position concurrentielle en déclin. Il a insisté sur la nécessité pour la Russie de poursuivre ses accords bilatéraux avec l’Iran, indépendamment des tiers.
Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, a qualifié 2026 d’année où les dictatures s’effondreront, affirmant que le régime iranien est sur ses dernières jambes. Elle a appelé l’UE à imposer plus de sanctions et à désigner les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste, dans une interview à Euronews.
Le député finlandais Mika Aaltola a critiqué plusieurs pays de l’UE pour avoir bloqué la désignation des Gardiens de la Révolution iraniens comme groupe terroriste.
Cette escalade met en lumière les risques d’un conflit plus large au Moyen-Orient, avec des évacuations américaines préventives et des menaces iraniennes directes. Les manifestations en Iran se poursuivent à un rythme modéré, tandis que les déclarations des deux côtés soulignent une capacité de riposte affirmée par Téhéran face à toute intervention américaine. Les efforts diplomatiques qataris visent à contenir les tensions, dans un contexte de rappels historiques à des frappes passées sur des bases régionales.