La part du Moyen-Orient dans les importations pétrolières de l’Inde atteint un sommet de 38 mois en décembre

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New Delhi (Le Journal de Bruxelles) 15 janvier 2026 – La part du Moyen-Orient dans les importations pétrolières de l’Inde a atteint son plus haut niveau en 38 mois en décembre, grimpant à 53,2 % selon des données compilées par des analystes du secteur. Cette hausse s’explique par une chute des importations russes, passées à 27,4 % de la part totale, leur plus bas depuis janvier 2023. L’OPEP regagne ainsi du terrain sur le marché indien.

En décembre, les importations de pétrole brut russe par l’Inde ont chuté d’environ 22 % par rapport au mois précédent, à 1,38 million de barils par jour. Cette baisse temporaire, liée à des questions de conformité et à un ralentissement des flux dus aux sanctions occidentales renforcées, a permis au Moyen-Orient de dominer les approvisionnements indiens. Reliance Industries, principal acheteur privé de brut russe, a cessé de recevoir des cargaisons de Rosneft fin décembre, ramenant ses importations à un niveau historiquement bas sur deux ans.

Pourquoi les importations russes ont-elles diminué en décembre ?

Les données de suivi des navires indiquent que les sanctions américaines et européennes ont ralenti les flux de pétrole russe vers l’Inde. Selon Zonebourse, les importations russes ont atteint 1,38 million de barils par jour, contre un niveau plus élevé le mois précédent. Cette chute de 22 % a fait passer la part de la Russie à 27,4 %, son plus bas depuis janvier 2023.

Reliance Industries, le plus grand raffineur privé indien, n’a reçu aucune cargaison russe dans les dix derniers jours de décembre dans le cadre de son accord avec Rosneft. Les raffineurs publics ont maintenu des achats auprès de fournisseurs non sanctionnés, mais certaines livraisons de décembre n’ont été déchargées qu’en janvier.

Sumit Ritola, analyste principal chez Kpler, estime que ce repli est une perturbation temporaire liée à la conformité, plutôt qu’un désengagement total. Les importations russes devraient se situer entre 1,2 et 1,4 million de barils par jour en janvier.

Quelle est la réaction du marché moyen-oriental ?

L’OPEP a regagné des parts de marché en Inde, avec une part de 53,2 % en décembre, contre 50 % pour l’ensemble de 2025 selon les projections. Pour l’année 2025, la part de l’OPEP dans les importations indiennes progresse légèrement à 50 %, tandis que celle de la Russie recule à 33,3 % contre 36 % en 2024.

Quels fournisseurs du Moyen-Orient en profitent le plus ?

Les importations en provenance d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis ont augmenté en mai, une tendance qui s’est poursuivie. Selon Vortexa, ces pays prévoient d’augmenter leur production en juin et juillet, rendant leur brut plus abordable grâce à l’écart Brent-Dubaï. Les données d’Argus montrent que ce pétrole du Moyen-Orient est devenu compétitif face au brut atlantique.

En 2024, les importations indiennes d’Arabie saoudite ont atteint leur plus bas niveau en quatorze ans, mais la dynamique s’inverse avec la baisse russe. L’Irak et l’Arabie saoudite restent des fournisseurs clés, derrière la Russie historiquement.

Quelles implications pour les importations indiennes en 2026 ?

Les besoins d’importation de brut en Inde devraient augmenter au second semestre de 2025 en raison de la reprise des raffineries après maintenance et de nouveaux projets. Vortexa prévoit une hausse des achats de brut russe à court terme, notamment ESPO, mais aussi plus de volumes d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

La Russie reste le principal fournisseur, avec plus de deux millions de barils par jour en moyenne en 2025, soit plus de 40 % des approvisionnements. Cependant, l’écart de prix entre l’Urals russe et les autres grades s’est réduit, poussant les raffineurs indiens vers des alternatives moyen-orientales et africaines pour stabiliser les livraisons.

Le gouvernement indien demande désormais des détails hebdomadaires sur les achats de brut russe et américain, pour mieux suivre les approvisionnements. Les négociations pour février sont en cours, avec des volumes modérés en raison d’incertitudes logistiques.

En visite à New Delhi en décembre 2025, le président russe Vladimir Poutine a assuré la poursuite des livraisons malgré les pressions de Washington. Les échanges russo-indiens ont atteint un record de 68,7 milliards de dollars en 2024-2025, dominés par le pétrole.

Cette évolution reflète un réalignement géoéconomique où l’Inde profite de prix décotés russes tout en diversifiant ses sources face aux sanctions. Les raffineries indiennes transforment ce brut en carburants revendus à l’étranger, y compris en Europe. Pour 2026, la concurrence entre Russie et OPEP devrait s’intensifier, avec une capacité de raffinage accrue stimulant la demande globale.

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