Ukarine (Le Journal de Bruxelles) – Le président ukrainien Zelensky affirme qu’un accord de paix avec la Russie est « prêt à 90 % », rejetant la « paix à tout prix » et refusant le retrait du Donbass, tandis que la Russie accuse des drones ukrainiens d’avoir visé la résidence de Poutine et promet la victoire ; les négociations impliquent Trump, Macron et d’autres dirigeants, mais le soutien de Moscou reste incertain.
Évaluation optimiste mais prudente de Zelensky
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré qu’un accord de paix visant à mettre fin à la guerre avec la Russie est « prêt à 90 % », lors de son allocution du Nouvel An centrée sur la résistance à l’invasion à grande échelle de Moscou.
Zelensky a précisé que les 10 % restants de l’accord, destiné à clore près de quatre ans de conflit, « détermineront le sort de la paix, le sort de l’Ukraine et de l’Europe ».
Il a affirmé que l’Ukraine ne souhaitait pas une « paix à tout prix » et ajouté : « Nous voulons la fin de la guerre – pas la fin de l’Ukraine ».
Il a insisté sur le fait qu’un retrait ukrainien du Donbass oriental signifierait « la fin de tout », faisant référence à la demande maximaliste de Moscou visant à contrôler entièrement cette région industrielle dans tout accord de paix.
Moscou contrôle de vastes zones du Donbass
Actuellement, la Russie contrôle environ 75 % de la région de Donetsk et près de 99 % de Louhansk, les deux régions formant collectivement le Donbass.
Le sort de cette zone constitue un obstacle majeur aux négociations, la Russie refusant systématiquement de compromettre son objectif de contrôle total.
Dans son allocution, Zelensky a remercié les dirigeants ayant soutenu l’Ukraine, mais a souligné que « les intentions doivent devenir des garanties de sécurité et donc être ratifiées ».
À la suite de discussions avec le président américain Donald Trump en Floride, Zelensky a indiqué que Washington avait offert des garanties de sécurité sur 15 ans, sans préciser le calendrier de leur mise en œuvre.
Zelensky met en garde contre des accords faibles
« Signer des accords faibles ne fait qu’alimenter la guerre », a averti Zelensky.
« Soit le monde arrête la guerre de la Russie, soit la Russie entraîne le monde dans sa guerre. »
Il souhaite que les négociations de paix reprennent et s’accélèrent ce mois-ci, avec la participation de responsables américains et européens.
L’accent reste mis sur la nécessité d’un accord solide garantissant la sécurité de l’Ukraine et la stabilité régionale.
Engagement succinct de Poutine
En comparaison, le discours du Nouvel An du président russe Vladimir Poutine a été beaucoup plus court.
S’adressant à ses troupes, il a déclaré : « Nous croyons en vous et en notre victoire ».
Il a ajouté :
« Nous nous efforçons d’apporter joie et chaleur à ceux qui ont besoin de soutien et de soutenir nos héros – participants à l’opération militaire spéciale – par la parole et l’action. »
Son message contraste avec l’approche détaillée de Zelensky, se concentrant sur le moral des troupes plutôt que sur les négociations.
Allégation d’attaque par drone sur la résidence de Poutine
Mercredi, Moscou a publié ce qu’elle prétend être des preuves d’une attaque de drones ukrainiens visant la résidence privée de Poutine à Valdaï, au nord-ouest de la Russie, allégations démenties par Kyiv.
La vidéo montre un drone abattu dans une forêt enneigée, accompagné d’une carte indiquant un lancement depuis les régions de Soumy et Tchernihiv en Ukraine.
Un militaire présent sur le site affirme qu’il s’agirait d’un drone ukrainien de type Chaklun.
La BBC n’a pu vérifier l’authenticité de ces images ni leur lieu de tournage.
Kremlin menace de réviser les négociations
En réponse, la Russie a indiqué qu’elle réexaminerait sa position sur les négociations de paix en cours.
Le ministère russe de la Défense a publié une carte prétendant montrer le trajet des drones ukrainiens.
Kaja Kallas, diplomate européenne, a qualifié ces affirmations de « distraction délibérée », visant à faire échouer le processus de paix.
Le président français Emmanuel Macron a déclaré que les États européens et alliés, réunis à Paris le 6 janvier, prendraient des engagements concrets pour protéger l’Ukraine et assurer une paix juste et durable.
Discussions récentes des conseillers de Trump
Mercredi, les conseillers de Trump ont tenu des réunions avec Zelensky et des responsables de sécurité nationale du Royaume-Uni, de France et d’Allemagne.
Selon l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, ils ont discuté de
« renforcer les garanties de sécurité et développer des mécanismes de déconfliction efficaces pour mettre fin à la guerre et éviter qu’elle ne reprenne ».
Cependant, tout accord nécessitera l’approbation russe, qui semble incertaine, et l’incident présumé du drone pourrait compliquer davantage le processus.
La Corée du Nord salue l’alliance « invincible »
Parallèlement, le leader nord-coréen Kim Jong Un a salué l’« alliance invincible » entre Pyongyang et Moscou, louant les soldats combattant « sur des terres étrangères ».
La Corée du Nord a envoyé des milliers de troupes pour soutenir la Russie, ainsi que des missiles et des armes à longue portée.
Selon les autorités sud-coréennes, au moins 600 de ces soldats sont morts.
Ce soutien militaire international reflète l’enjeu géopolitique élargi du conflit ukrainien.
Donbass, point de blocage central
Le Donbass demeure un obstacle majeur aux négociations, Moscou refusant tout compromis sur son contrôle total.
La référence de Zelensky souligne la ligne rouge de l’Ukraine contre toute concession territoriale.
Le président ukrainien insiste sur la sécurité et la souveraineté comme conditions impératives à toute avancée.
La situation illustre la complexité des négociations face aux exigences russes et aux pressions internationales.
Incertitude sur les garanties de sécurité
Après les discussions en Floride avec Trump, Zelensky a mis en avant les garanties américaines sur 15 ans, sans préciser leur mise en œuvre.
Le sommet de Paris, prévu le 6 janvier, vise à obtenir des engagements concrets des Européens pour soutenir l’Ukraine.
Les garanties de sécurité restent une condition essentielle pour tout accord durable.
La situation demeure incertaine alors que les négociateurs cherchent à combiner promesses et réalité opérationnelle sur le terrain.