L’Iran Exige de l’ONU une Condamnation des Menaces Trump

Sam Vaknin
Credit: Getty Images

Iran (Le Journal de Bruxelles) – L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU a dénoncé les menaces de Trump d’intervenir lors des manifestations liées au coût de la vie, alors que 9 décès sont recensés et 44 arrestations effectuées; Larijani avertit que toute ingérence américaine provoquerait le chaos régional.

L’ambassadeur iranien demande à l’ONU de condamner les menaces de Trump

L’ambassadeur iranien auprès des Nations Unies, Amir Saeed Iravani, a adressé une lettre au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi qu’au président du Conseil de sécurité, pour les exhorter à condamner les « menaces illégales » du président américain Donald Trump contre Téhéran, alors que le pays est secoué par des manifestations pour le coût de la vie, a rapporté IRNA et Al Jazeera.

La lettre, envoyée vendredi, survient quelques heures après que Trump a déclaré que les États-Unis étaient « prêts à agir » si d’autres manifestants étaient tués dans les protestations en cours en Iran. Iravani a qualifié les déclarations de Trump de « provocatrices et irresponsables » et les a dénoncées comme une « violation grave » de la Charte des Nations Unies et du droit international.

« Toute tentative d’inciter, d’encourager ou de légitimer des troubles internes comme prétexte à une pression extérieure ou à une intervention militaire constitue une violation flagrante de la souveraineté, de l’indépendance politique et de l’intégrité territoriale de la République islamique d’Iran »,

a écrit Iravani. Il a ajouté que le gouvernement iranien

« réaffirme son droit inhérent à défendre sa souveraineté »

et qu’il

« exercera ses droits de manière décisive et proportionnée ».

Selon lui,

« les États-Unis portent l’entière responsabilité de toute conséquence découlant de ces menaces illégales et de toute escalade ultérieure des tensions ».

Les propos de Trump sur Truth Social

Sur sa plateforme Truth Social, Trump a affirmé :

« Si l’Iran tue violemment des manifestants pacifiques, comme c’est leur habitude, les États-Unis viendront à leur rescousse ». Ces déclarations ont provoqué une vive réaction de la part des responsables iraniens.

Larijani avertit du chaos régional

Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a répondu que toute ingérence américaine

« équivaut à un chaos sur l’ensemble de la région et à la destruction des intérêts américains».

Manifestations à travers l’Iran

Les manifestations se sont poursuivies vendredi dans plusieurs villes iraniennes, notamment Qom, Marvdasht, Yasuj, Mashhad et Hamedan, ainsi que dans les quartiers de Tehranpars et Khak Sefid à Téhéran. Elles ont débuté après la grève des commerçants de la capitale iranienne dimanche dernier, protestant contre la hausse des prix et la stagnation économique.

Au moins neuf personnes ont été tuées et 44 autres arrêtées lors de ces manifestations. Le vice-gouverneur de la province de Qom a indiqué qu’une autre personne était décédée après l’explosion d’une grenade dans sa main, un incident qu’il a qualifié de tentative de provoquer des troubles.

Contexte économique et social

La situation économique de l’Iran est particulièrement fragile, avec une monnaie nationale en chute libre et une inflation élevée, aggravée par plusieurs années de sécheresse à Téhéran, une ville de près de 10 millions d’habitants. Ces facteurs ont intensifié les tensions sociales et déclenché un mouvement de contestation massif.

Position conciliante de Pezeshkian

Le président iranien Masoud Pezeshkian a adopté un ton conciliant, reconnaissant les « fautes » du gouvernement et promettant de trouver des solutions. Les observateurs soulignent que cette réaction contraste fortement avec les réponses sévères données aux manifestations précédentes, notamment celles de 2022 qui avaient fait plus de 500 morts. Pezeshkian a toutefois promis une réponse « sévère » en cas d’agression contre le pays.

Contexte militaire entre les États-Unis et l’Iran

En juin, les États-Unis ont bombardé trois sites nucléaires iraniens lors d’une escalade de 12 jours entre Israël et l’Iran, opération que Trump avait qualifiée de « très réussie ». La semaine précédente, lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Trump avait averti que les États-Unis frapperaient l’Iran si le pays poursuivait son programme nucléaire ou balistique, renforçant ainsi les pressions sur Téhéran.

Étendue des manifestations

Les manifestations actuelles constituent le plus grand mouvement de contestation en Iran depuis celles de 2022 déclenchées après la mort de Mahsa Amini. Elles ont été amplifiées par l’effondrement de la monnaie nationale, qui a chuté à 1,4 million de rials pour un dollar, et par la crise de l’eau à Téhéran. Les grèves des commerçants ont rapidement conduit à des rassemblements nationaux exigeant des comptes du gouvernement.

Principe de souveraineté selon la Charte de l’ONU

Dans sa lettre, Iravani invoque l’article 2(4) de la Charte des Nations Unies, qui interdit toute menace contre l’intégrité territoriale d’un État. Il a également rappelé que les craintes de Trump rappellent le contexte historique du coup d’État soutenu par la CIA en 1953 contre le Premier ministre Mossadegh.

Répercussions sur le Conseil de sécurité

L’Iran occupe actuellement un siège tournant au Conseil de sécurité. La réponse de Guterres est attendue, alors que la Russie et la Chine pourraient soutenir Téhéran dans sa demande de condamnation des menaces américaines.

Contexte historique des tensions

Les frappes nucléaires de juin font suite à un conflit de 12 jours entre Israël et l’Iran, au cours duquel des scientifiques iraniens ont été tués, selon Téhéran. La conférence de presse conjointe Netanyahu-Trump témoigne d’une coordination pour intensifier la pression diplomatique et militaire, tandis que Pezeshkian doit naviguer entre le contrôle des manifestations et les tensions nucléaires.

Bilan humain et cartographie des manifestations

Neuf personnes ont été confirmées mortes, dont la victime de la grenade à Qom, et 44 autres ont été arrêtées alors que les forces de sécurité déployaient des fusils à pompe, comme le montrent des vidéos. IRNA recense les manifestations dans les principales villes : Qom (centre religieux), Yasuj (sud-ouest), Mashhad (nord-est), Hamedan (ouest) et les quartiers populaires de Téhéran, Tehranpars et Khak Sefid.

Indicateurs économiques

L’effondrement du rial, conjugué à des réductions de subventions, a provoqué des grèves dans les bazars et exacerbé le mécontentement populaire. Les barrages de Téhéran sont à sec après plusieurs années de sécheresse, affectant près de 10 millions de résidents.

Contraste avec les régimes passés

Contrairement aux manifestations de 2022, la répression n’est pas immédiate ni massive. Pezeshkian reconnaît la « faute » du gouvernement et cherche le dialogue, signalant un contraste avec les lignes dures du guide suprême Khamenei et soulignant les tensions autour du programme nucléaire iranien.

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Sam Vaknin, Ph.D., est un ancien conseiller économique pour plusieurs gouvernements (Nigeria, Sierra Leone, Macédoine du Nord). Il a été rédacteur en chef de *Global Politician* et chroniqueur pour divers médias imprimés et internationaux, notamment *Central Europe Review* et *United Press International* (UPI). Il a enseigné la psychologie et la finance dans plusieurs institutions académiques à travers différents pays.
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