L’Iran dit avoir « le doigt sur la gâchette », Trump estime que Téhéran veut dialoguer

Editorial Team

Téhéran (Le Journal de Bruxelles) 22 janvier 2026 – L’Iran affirme avoir « le doigt sur la gâchette » face aux tensions régionales, tandis que Donald Trump perçoit un désir de dialogue de la part de Téhéran. Ces déclarations interviennent dans un contexte de reconstitution du programme nucléaire iranien après des frappes militaires en 2025. Les avancées d’enrichissement d’uranium persistent malgré les pressions internationales.

Les autorités iraniennes ont adopté un ton menaçant en déclarant détenir « le doigt sur la gâchette », signalant une posture de vigilance accrue. Parallèlement, le président américain Donald Trump a exprimé l’idée que Téhéran souhaite engager un dialogue. Ces positions contrastées surviennent alors que l’Iran reconstruit ses sites nucléaires endommagés par des frappes américaines et israéliennes en juin 2025, ravivant les craintes sur son programme atomique.

Quelles sont les déclarations récentes de l’Iran et des États-Unis ?

Des responsables iraniens ont publiquement affirmé que le pays garde « le doigt sur la gâchette », une expression soulignant une readiness militaire immédiate face à d’éventuelles menaces. Selon des rapports de la Fondation pour la défense des démocraties (FDD), cette rhétorique accompagne des activités de reconstruction à des sites nucléaires sensibles.

De son côté, Donald Trump, dans ses récentes interventions, a indiqué que Téhéran manifeste une volonté de dialoguer. Cette perception contraste avec les avancées nucléaires iraniennes, comme l’a noté l’Association pour le contrôle des armements, qui rapporte une expansion continue du programme d’enrichissement.

Ces déclarations interviennent après une période de confrontations directes en 2025, où des frappes aériennes américaines et israéliennes ont visé des infrastructures nucléaires et balistiques iraniennes.

Quel est le contexte des tensions actuelles ?

Le programme nucléaire iranien reste au cœur des frictions internationales. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a signalé en mars 2025 une augmentation des stocks d’uranium enrichi à 60 %, passant de 182 kg en octobre 2024 à 275 kg en février 2025, selon le Center for Arms Control and Non-Proliferation.

Iran produit désormais de l’uranium enrichi à 60 %, un niveau proche du grade militaire sans application civile pratique, comme l’indique l’Association pour le contrôle des armements. L’installation de cascades supplémentaires de centrifugeuses avancées, telles que les IR-6 à Fordow, réduit le temps de « breakout » à une semaine ou moins, d’après les rapports de l’AIEA de novembre 2024.

Quelles avancées nucléaires l’Iran a-t-il réalisées récemment ?

En fin 2024, l’Iran a notifié à l’AIEA ses plans d’installer 32 cascades supplémentaires de centrifugeuses et d’augmenter la production d’uranium à 60 % en alimentant des centrifugeuses IR-6 avec de l’uranium enrichi à 20 %. Cela porterait la production mensuelle à Fordow de 4,7 kg à 37 kg.

Fordow, site profondément enterré, pose des défis pour toute action militaire conventionnelle. L’Iran a également repris la construction du réacteur d’Arak, bien que modifié pour limiter la production de plutonium, sous surveillance de l’AIEA.

Selon Wikipedia et des sources comme l’Institute for Science and International Security, l’Iran déploie des centrifugeuses avancées et expérimente avec du métal d’uranium, malgré les restrictions de l’accord JCPOA abandonné.

Quelles réactions internationales face à la reconstitution nucléaire iranienne ?

Après les frappes de juin 2025 contre des sites nucléaires iraniens, dont Taleghan 2 dans le complexe de Parchin, l’Iran reconstruit activement. La FDD rapporte que la construction à Taleghan 2, ancien site d’expérimentations liées aux armes nucléaires détruit en octobre 2024, approche de son achèvement avec un sarcophage en béton pour protection.

Les États-Unis et Israël surveillent ces efforts, notant des activités à d’autres sites pour évaluer la survie d’actifs nucléaires. Le Washington Institute analyse quatre options de reconstitution pour l’Iran : coopération nucléaire civile étrangère, reconstruction déclarée complète, reconstruction clandestine, ou refonte totale du programme.

Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères a déclaré le 13 janvier 2026 que des mesures supplémentaires viseraient les secteurs financier, énergétique et de transport iraniens pour freiner les avancées nucléaires, selon un communiqué du gouvernement britannique.

Iran nie chercher des armes nucléaires, affirmant un programme pacifique, comme l’a répété le Guide suprême Ali Khamenei, d’après Iran International. Des sources à Téhéran rapportent une autorisation en octobre 2025 pour développer des ogives nucléaires miniaturisées, bien que démentie officiellement.

Quelles implications pour l’avenir des négociations ?

Le temps de « breakout » iranien, réduit à moins d’une semaine, complique la détection d’une éventuelle arme nucléaire, malgré les inspections AIEA limitées depuis la suspension du Protocole additionnel. L’Iran maintient l’enrichissement domestique comme ligne rouge dans les négociations.

Des propositions incluent un consortium régional pour l’enrichissement sous surveillance AIEA, mais les progrès diplomatiques stagnent. Le mécanisme de « snapback » des sanctions expire le 18 octobre 2025 sans extension, suite à l’échec des conditions posées par l’E3 (France, Allemagne, Royaume-Uni).

Les États-Unis et Israël pourraient envisager de nouvelles frappes pour prévenir une reconstitution, comme le suggère la FDD, tandis que l’Iran avance sur des réacteurs comme Bushehr avec la Russie, sous sauvegardes AIEA.

Ces développements testent l’endurance de Téhéran en 2026, dans un paysage stratégique remodelé par la guerre de juin 2025, selon Iran International. Une vigilance accrue s’impose pour détecter toute assistance étrangère accélérant le programme.

Les positions iranienne et américaine, mêlant menaces et ouvertures au dialogue, reflètent une impasse persistante sur le nucléaire, avec des risques de prolifération accrus par les avancées techniques de Téhéran et les réponses militaires passées.

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