North Korea (Le Journal de Bruxelles) – Kim Ju-ae, perçue comme l’héritière probable de Kim Jong-un, a effectué sa première visite publique au mausolée de Kumsusan à Pyongyang.
Cette apparition symbolique intervient à l’approche d’un congrès du parti au pouvoir.
Certains experts y voient un signal préparant une quatrième génération de pouvoir dynastique.
D’autres appellent à la prudence, invoquant son jeune âge et l’incertitude autour des autres enfants du dirigeant.
Première visite publique à Kumsusan
Les médias d’État nord-coréens ont rapporté que Kim Ju-ae a accompagné son père Kim Jong-un et sa mère Ri Sol-ju lors d’une visite au palais du Soleil de Kumsusan afin de rendre hommage aux anciens dirigeants.
Le mausolée abrite les dépouilles de Kim Il-sung, fondateur de l’État et grand-père de Kim Jong-un, ainsi que de Kim Jong-il, son père. Il est généralement visité à des dates et anniversaires hautement symboliques pour le régime.
Il s’agit de la première fois que Kim Ju-ae apparaît publiquement aux côtés de ses parents à Kumsusan, marquant une nouvelle étape de visibilité dans l’un des lieux politiques les plus sacrés de Corée du Nord.
Une visibilité croissante depuis trois ans
Au cours des trois dernières années, Kim Ju-ae est apparue de plus en plus fréquemment dans les médias officiels, alimentant les spéculations selon lesquelles elle serait préparée à succéder à son père.
Elle a notamment été vue lors de défilés militaires, de lancements de missiles et de grandes célébrations nationales, souvent placée près de Kim Jong-un et de hauts responsables militaires.
Les services de renseignement sud-coréens estiment également qu’elle est traitée comme l’héritière la plus probable du pouvoir nord-coréen.
Des signaux calculés de succession
Selon plusieurs analystes, la première visite publique de Kim Ju-ae à Kumsusan doit être interprétée comme un geste soigneusement calculé de Kim Jong-un.
Cette apparition intervient à l’approche d’un congrès du Parti des travailleurs, où certains estiment que son rôle pourrait être davantage institutionnalisé à travers des rituels politiques clés.
Sa présence répétée aux côtés des forces stratégiques et des plus hauts responsables militaires est perçue comme un signal qu’elle pourrait être préparée à assumer un rôle central à l’avenir.
Image familiale et stratégie de propagande
Des experts soulignent que le régime met en avant l’image d’une « famille stable » en montrant régulièrement Kim Jong-un avec son épouse et sa fille lors d’événements majeurs.
Cette mise en scène vise à rassurer la population sur la continuité du régime et à renforcer le caractère héréditaire du système politique nord-coréen.
Toutefois, l’existence d’autres enfants de Kim Jong-un, dont le rôle reste inconnu, complique toute lecture définitive du plan de succession.
Prudence sur une désignation formelle
Plusieurs spécialistes appellent à la prudence quant à une désignation officielle de Kim Ju-ae comme héritière.
Âgée d’environ 13 ans selon des estimations extérieures, elle serait encore trop jeune pour rejoindre formellement le parti, ce qui limite toute annonce institutionnelle immédiate.
Les autorités nord-coréennes n’ont jamais confirmé publiquement son âge.
Apparitions internationales et contexte dynastique
Kim Ju-ae a participé aux célébrations du Nouvel An et a effectué une visite à Pékin avec son père, marquant sa première apparition publique à l’étranger.
Ces déplacements sont interprétés comme une exposition progressive à la scène internationale et aux relations diplomatiques.
Si elle devait succéder à Kim Jong-un, elle deviendrait la quatrième génération de la dynastie Kim depuis 1948 et la première femme à diriger le pays.
Symbolique de la visite à Kumsusan
Le palais du Soleil de Kumsusan est au cœur des rituels du régime, où les élites renouvellent leur loyauté lors des grandes commémorations.
En y intégrant Kim Ju-ae de manière très visible, Kim Jong-un semble l’associer directement à l’héritage historique et idéologique de la dynastie.
Pour de nombreux observateurs, cette étape dépasse le simple protocole et renforce l’idée d’une préparation à long terme de la future direction du pays, même si le calendrier exact de toute succession demeure incertain.