Paris (Le Journal de Bruxelles) 17 janvier 2026 – Myriam Bensaad, politiste spécialiste du Moyen-Orient, interroge dans une tribune au Monde si les technologies quantiques pourraient dépasser les divisions historiques de la région. Elle observe l’intégration croissante de ces avancées dans un contexte de tensions persistantes. Cette réflexion s’inscrit dans « Le Bilan du Monde » publié ce jour.
Dans une analyse prospective, Myriam Bensaad explore le potentiel des technologies quantiques pour transformer les dynamiques géopolitiques au Moyen-Orient, tout en soulignant les défis des rancœurs ancrées.
Qu’est-ce que la « nouvelle frontière » quantique évoquée par Myriam Bensaad ?
Myriam Bensaad, professeure assistante en science politique à l’Université de Leyde et chercheuse à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (Iremam, CNRS), signe une tribune intitulée « Une “nouvelle frontière” quantique mènera-t-elle à transcender les vieilles rancœurs et divisions au Moyen-Orient ? ».
Publiée dans « Le Bilan du Monde » du 17 janvier 2026 par Le Monde, cette contribution met en lumière l’intégration des technologies quantiques dans la région.
Selon l’article de Le Monde, Myriam Bensaad observe que ces technologies, qualifiées de « nouvelle frontière », pourraient redessiner les équilibres stratégiques.
Elle souligne comment des pays du Moyen-Orient investissent dans l’informatique quantique, la cryptographie quantique et les capteurs avancés, des domaines aux implications militaires et économiques majeures.
Les technologies quantiques transforment-elles déjà le Moyen-Orient ?
Dans sa tribune, Myriam Bensaad, spécialiste du Moyen-Orient et membre de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean Jaurès, détaille les initiatives régionales.
Des États comme les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite développent des programmes quantiques ambitieux, en partenariat avec des acteurs occidentaux et chinois, rapporte Le Monde.
Israël, pionnier en la matière, intègre ces technologies dans sa stratégie de défense high-tech, tandis que l’Iran explore des applications malgré les sanctions.
Cette course quantique s’inscrit dans une diversification économique post-pétrole, avec des hubs comme Abu Dhabi Quantum Center.
Quels sont les investissements concrets dans la région ?
Les Émirats ont lancé en 2023 un centre national quantique, visant la suprématie computationnelle d’ici 2030, selon les analyses relayées par Le Monde.
L’Arabie saoudite, via son NEOM, intègre la quantum tech dans son projet de ville futuriste.
Israël excelle en cryptographie post-quantique pour sécuriser ses communications, un domaine critique face aux cybermenaces.
Myriam Bensaad note que ces avancées pourraient créer de nouvelles interdépendances technologiques entre rivaux historiques.
Les technologies quantiques dépasseront-elles les divisions historiques ?
La tribune de Myriam Bensaad pose la question centrale : les quantiques transcenderont-elles les « vieilles rancœurs » nées de décennies de conflits ?
Elle évoque les divisions israélo-arabes, les tensions sunnites-chiites et les rivalités Iran-Arabie saoudite, inchangées malgré les accords d’Abraham.
Selon Le Monde, l’autrice met en garde contre un risque de nouvelle course aux armements quantiques, exacerbant les fractures plutôt que de les guérir.
Des collaborations comme celles entre Israël et les Émirats en cybersécurité quantique montrent un embryon de coopération.
Pourtant, les enjeux sécuritaires freinent une intégration régionale. Myriam Bensaad, auteure de « L’État islamique pris aux mots » (Armand Colin, 2017), insiste sur la nécessité d’une gouvernance partagée pour éviter une fracture numérique.
La Chine et les États-Unis, impliqués via des partenariats, influencent ces dynamiques, potentiellement au détriment de l’autonomie régionale.
Quelles implications géopolitiques pour l’avenir ?
Myriam Bensaad envisage un Moyen-Orient où la quantum computing révolutionne l’intelligence artificielle et la simulation moléculaire, boostant la santé et l’énergie.
Ces technologies pourraient optimiser la gestion de l’eau et des ressources rares, enjeux cruciaux dans une région aride.
Selon sa tribune rapportée par Le Monde, un partage des bénéfices quantiques exigerait de transcender les nationalismes.
Des forums comme le World Quantum Day pourraient favoriser des dialogues multilatéraux.
Les experts soulignent que la suprématie quantique rendrait obsolètes les cryptages actuels, imposant une transition mondiale urgente.
Au Moyen-Orient, cela accentue les vulnérabilités des infrastructures critiques, comme les pipelines ou les réseaux électriques.
La réflexion de Myriam Bensaad rappelle que les technologies disruptives, comme l’atome ou internet, ont historiquement amplifié autant qu’elles ont atténué les conflits.
Pour un impact positif, des cadres normatifs régionaux s’imposent, inspirés du Traité sur la non-prolifération nucléaire.
Son analyse prospective invite à une vigilance accrue face à cette « nouvelle frontière » qui pourrait soit unir, soit diviser davantage la région.