Bruxelles (Le Journal de Bruxelles) 12 janvier 2026 – L’Union européenne envisage de nouvelles sanctions contre l’Iran en réponse à la répression brutale des manifestations qui ont éclaté fin décembre. Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, se dit prête à proposer des mesures supplémentaires. Ursula von der Leyen et d’autres leaders condamnent les violences qui ont fait des centaines de morts.
Les manifestations en Iran, déclenchées par l’effondrement du rial le 28 décembre, ont été réprimées avec une violence extrême, selon plusieurs sources. Plus de 10 600 arrestations ont été recensées et des centaines de manifestants ont perdu la vie. L’Europe, tout en surveillant la situation, prépare une réponse graduelle face à cette crise qui s’alourdit.
Quelle est l’ampleur de la répression en Iran ?
Les manifestations ont débuté le 28 décembre 2026 en raison de l’effondrement du rial, la monnaie iranienne. Selon un rapport de l’agence Human Rights Activists News Agency, plus de 10 600 personnes ont été arrêtées au cours des deux semaines de protestations. Parmi les victimes, 496 manifestants et 48 membres des forces de sécurité ont été tués.
Le pouvoir iranien a convoqué des diplomates européens en réponse aux critiques internationales. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a qualifié la situation de « guerre sur quatre fronts » contre les États-Unis et Israël, incluant des aspects économiques, psychologiques, militaires et contre des « terroristes ».
Le président Massoud Pezeshkian a appelé la population à une « marche de résistance » le lundi 12 janvier pour dénoncer les violences attribuées à des « criminels terroristes urbains », selon la télévision d’État iranienne.
Quelle est la position de l’Union européenne ?
Kaja Kallas, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, s’est dite prête à proposer des sanctions supplémentaires. « Je suis prête à proposer des sanctions supplémentaires en réponse à la répression brutale des manifestants par le régime », a-t-elle déclaré au quotidien allemand Welt et à POLITICO. Ces mesures complèteraient les sanctions existantes contre l’Iran.
L’UE a déjà adopté un large éventail de sanctions, incluant interdictions de voyager et gels d’avoirs, pour des violations des droits de l’homme, des activités nucléaires et un soutien à la Russie en Ukraine. Plus de 230 Iraniens, dont le ministre de l’Intérieur Ahmad Vahidi et des membres des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), ainsi que 40 entités, sont visés.
Anouar El Anouni, porte-parole du service diplomatique de l’UE, a indiqué que l’Union est prête à proposer de nouvelles sanctions plus sévères à la suite de la répression contre les manifestants, selon La Croix.
Quelles réactions des leaders européens ?
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a affirmé que l’Europe soutient pleinement les manifestations et condamne la répression violente. « Les rues de Téhéran, et des villes du monde entier, résonnent des pas des femmes et des hommes iraniens qui réclament la liberté. […] L’Europe se tient pleinement à leurs côtés », a-t-elle déclaré en ligne. Elle a ajouté que « les responsables resteront dans les mémoires du mauvais côté de l’histoire ».
Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, a écrit sur X que « l’Europe doit comprendre son devoir et la nécessité d’agir ». Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz ont condamné fermement le meurtre de manifestants et les violences des forces de sécurité iraniennes dans une déclaration commune le 9 janvier.
Quelles sont les réactions internationales ?
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a jugé que l’heure est venue pour l’UE de qualifier les Gardiens de la Révolution d’organisation terroriste. « Telle est depuis longtemps la position de l’Allemagne, et aujourd’hui, l’importance de cette question est claire pour tous », a-t-il déclaré sur X après des discussions avec le ministre allemand de l’Intérieur Alexander Dobrindt.
Le chef de la diplomatie iranienne a affirmé que « la République islamique d’Iran ne cherche pas la guerre, mais est tout à fait préparée pour la guerre ». Il a ajouté : « Nous sommes également prêts à des négociations, mais ces négociations doivent être équitables, avec des droits égaux et fondées sur le respect mutuel », lors d’une conférence des ambassadeurs à Téhéran.
La Chine a exprimé l’espoir que le gouvernement et le peuple iraniens surmontent les difficultés et maintiennent la stabilité, appelant toutes les parties à œuvrer pour la paix au Moyen-Orient.
L’approche européenne contraste avec les menaces militaires américaines évoquées dans les rapports. Bruxelles surveille de près l’évolution, avec Ursula von der Leyen indiquant que l’UE suit la situation. Les sanctions proposées par Kaja Kallas pourraient cibler davantage la répression actuelle, marquant une progression prudente de l’Europe face à la crise iranienne.
Les manifestations persistent malgré la répression, avec un bilan humain qui s’alourdit. L’UE maintient sa pression diplomatique et économique, tandis que Téhéran défend sa souveraineté et mobilise ses soutiens internes. La situation reste tendue, les développements futurs dépendant des décisions des 27 États membres et des réponses iraniennes.