Venezuela (Le Journal de Bruxelles) – Keir Starmer a assuré que le Royaume-Uni n’était pas impliqué dans les frappes américaines au Venezuela, tout en appelant à la retenue et à la désescalade après les explosions à Caracas et les accusations de capture de Nicolás Maduro, sur fond de vives réactions régionales et internationales.
Détails de l’opération militaire américaine
CBS News a rapporté que l’unité d’élite Delta Force aurait mené l’opération depuis la base de Fuerte Tiuna et l’aérodrome de La Carlota, où des panaches de fumée ont été observés.
L’Associated Press a confirmé que sept explosions avaient secoué Caracas. Une témoin, Carmen Hidalgo, a décrit des détonations si puissantes que « le sol tremblait », accompagnées du bruit d’avions au-dessus de la ville.
Parmi les sites visés figurerait le Cuartel de la Montaña, qui abrite le mausolée de l’ancien président Hugo Chávez, selon des déclarations du président colombien Gustavo Petro.
Réaction du gouvernement vénézuélien
Dans un communiqué officiel, le gouvernement vénézuélien a appelé les citoyens à
« se mobiliser pour vaincre l’agression impérialiste »,
accusant Washington de viser les ressources stratégiques du pays, notamment le pétrole et les minerais.
Les autorités ont confirmé que les attaques ne se limitaient pas à la capitale, mais avaient également touché les États de Miranda, La Guaira et Aragua.
Réactions des dirigeants régionaux
Le président colombien Gustavo Petro a écrit sur le réseau X :
« En ce moment, Caracas est bombardée… avec des missiles »,
appelant à la tenue immédiate d’une session d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.
De son côté, le président cubain Miguel Díaz-Canel a dénoncé un
« terrorisme d’État contre le vaillant peuple du Venezuela et Notre Amérique ».
Starmer appelle à la désescalade
Keir Starmer a exhorté Washington et Caracas à privilégier les voies diplomatiques et à éviter toute escalade susceptible de menacer la stabilité de l’Amérique latine.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, a annoncé des consultations avec les pays de la CELAC afin de surveiller les risques de flux migratoires liés à la crise.
Une campagne de pression américaine de longue durée
Les frappes s’inscrivent dans une campagne de pression américaine menée depuis cinq mois, marquée par un renforcement militaire au large des côtes vénézuéliennes depuis août, plus de vingt frappes contre des « narco-bateaux », la saisie de pétroliers et l’instauration d’un blocus.
Donald Trump a à plusieurs reprises promis des opérations terrestres visant à évincer Nicolás Maduro du pouvoir à la suite de l’élection présidentielle contestée de juillet.
Contexte des relations Royaume-Uni–États-Unis
Malgré les liens étroits entre Londres et Washington, notamment dans le cadre d’AUKUS et du partage de renseignements Five Eyes, Keir Starmer a tenu à prendre ses distances avec l’opération.
Downing Street a souligné l’existence d’un « contrôle parlementaire strict » concernant toute implication militaire britannique à l’étranger.
Cibles militaires stratégiques
Des témoins ont indiqué que l’aérodrome de La Carlota, la base de Fuerte Tiuna — considérée comme la résidence habituelle de Maduro — l’aéroport de Higuerote et la base aérienne de Barquisimeto avaient été touchés.
L’attaque du mausolée de Hugo Chávez a été décrite comme une profanation d’un site sacré du chavisme, où reposent les dépouilles de l’ancien dirigeant depuis 2013.
Préoccupations liées au droit international
Le Venezuela a accusé les États-Unis de
« violation flagrante du droit international »
mettant en danger des millions de civils. Gustavo Petro a également évoqué le bombardement présumé du bâtiment historique de l’Assemblée nationale.
L’UNASUR et l’OEA ont annoncé la convocation de réunions d’urgence, tandis que la Russie a promis de protéger Caracas par un veto au Conseil de sécurité de l’ONU.
Arrière-plan de guerre économique
Les sanctions américaines ont gelé environ 7 milliards de dollars d’avoirs vénézuéliens, réduit de moitié la production de PDVSA et étranglé les exportations pétrolières, principale source de financement du régime.
Nicolás Maduro est resté au pouvoir malgré une pauvreté touchant près de 90 % de la population et une hyperinflation persistante, aggravées par des accusations de fraude électorale en 2024.
Spéculations sur le rôle du renseignement britannique
Des médias ont rapporté que le MI6 aurait alerté Keir Starmer sur de possibles vagues de réfugiés en cas d’effondrement du régime, tandis que le GCHQ surveillait les communications vénézuéliennes.
Les autorités britanniques ont toutefois assuré qu’aucun renseignement n’avait été partagé avec la Delta Force.
Positionnement du gouvernement travailliste
Keir Starmer cherche à équilibrer la relation transatlantique avec ses ambitions de leadership auprès des pays du Sud global, renforcées après son rôle diplomatique dans le cessez-le-feu à Gaza.
La secrétaire aux Affaires étrangères du cabinet fantôme, Priti Patel, a critiqué ce positionnement, dénonçant un « leadership faible ».