Maduro prêt au dialogue avec Washington malgré frappes

Sarhan Basem

Venezuela (Le Journal de Bruxelles) – Nicolás Maduro s’est dit prêt à dialoguer avec les États-Unis sur la drogue, le pétrole et la migration, se disant ouvert à des discussions à tout moment. Cette ouverture intervient après des semaines de pressions et de frappes meurtrières visant des réseaux de trafiquants présumés. Le dirigeant vénézuélien n’a pas confirmé les accusations de Donald Trump concernant une attaque de drone de la CIA contre un quai. Des experts questionnent la légalité des opérations, tandis que Caracas évoque une tentative de désescalade.

Offre de dialogue de Maduro

Le président vénézuélien Nicolás Maduro a déclaré jeudi être ouvert à des discussions avec les États-Unis sur le trafic de drogue et le pétrole, après plusieurs semaines de pressions croissantes contre son gouvernement.

Dans un entretien à la télévision d’État, Maduro a affirmé être prêt au dialogue avec Washington « où ils veulent et quand ils veulent ».

Il a en revanche éludé une question concernant les propos du président Donald Trump affirmant que les États-Unis avaient attaqué une installation portuaire au Venezuela, une opération qui aurait été menée par la CIA selon des médias américains.

Contexte de la “guerre contre la drogue” de Trump

Cette déclaration intervient alors que les forces américaines ciblent depuis trois mois des navires soupçonnés de transporter des stupéfiants dans les Caraïbes et l’est du Pacifique.

Au total, plus de 30 frappes auraient été menées dans le cadre de la « guerre contre la drogue » de l’administration Trump, causant la mort de plus de 110 personnes depuis la première attaque contre un bateau en eaux internationales le 2 septembre.

La plus récente opération a eu lieu mercredi, lorsque deux embarcations accusées de transporter de la drogue ont été frappées, faisant cinq morts selon l’armée américaine.

Affirmations de Trump sur une frappe contre un quai

Lundi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient mené une frappe contre une « zone portuaire » liée à des bateaux de trafiquants vénézuéliens, provoquant une « explosion majeure ».

Selon des sources citées par la presse américaine, l’explosion aurait été causée par une attaque de drone menée par la CIA. Si cette information était confirmée, il s’agirait de la première opération américaine connue menée à l’intérieur du territoire vénézuélien.

Interrogé à ce sujet, Maduro est resté évasif, indiquant que

« cela pourrait être quelque chose dont nous parlerons dans quelques jours ».

Ouverture à des discussions plus larges

Outre la lutte antidrogue, le président vénézuélien s’est également dit ouvert à des discussions sur le pétrole et la migration.

Sans fournir de preuves, Donald Trump a accusé Maduro d’« avoir vidé ses prisons et asiles psychiatriques » et d’avoir « forcé » leurs occupants à migrer vers les États-Unis.

Parallèlement, Washington a intensifié ses mesures contre les pétroliers sanctionnés entrant et sortant du Venezuela.

Saisies de pétroliers

Les forces américaines ont saisi un pétrolier au large du Venezuela le 10 décembre, affirmant qu’il servait à transporter du pétrole sanctionné en provenance du Venezuela et de l’Iran. Caracas a dénoncé cet acte comme une « piraterie internationale ».

Depuis, les États-Unis ont saisi un autre pétrolier et poursuivi un troisième navire.

Préoccupations juridiques

L’administration Trump présente ses opérations contre les bateaux soupçonnés de trafic comme un conflit armé non international visant des trafiquants présumés. Des experts juridiques estiment toutefois que ces actions pourraient violer le droit international humanitaire.

Les États-Unis n’ont pas rendu publiques de preuves démontrant que les navires visés transportaient effectivement de la drogue.

Le commandement américain pour l’Amérique du Sud a néanmoins réaffirmé que des renseignements confirmaient que ces embarcations circulaient sur des routes connues du narcotrafic et participaient à des activités illégales.

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Sarhan Basem est le correspondant principal de *Brussels Morning* au Parlement européen. Titulaire d'une licence en littérature anglaise, Sarhan apporte une combinaison unique de finesse linguistique et de capacité analytique à ses reportages. Spécialisé dans les affaires étrangères, les droits de l'homme, les libertés civiles et les questions de sécurité, il explore en profondeur les subtilités de la politique mondiale pour offrir des commentaires perspicaces et une couverture approfondie. En dehors du journalisme, Sarhan est un voyageur passionné, découvrant de nouvelles cultures et cuisines, et aime se détendre avec un bon livre ou profiter d'aventures en plein air dès que possible.
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