Paris, le 21 décembre 2025 – Une nouvelle tranche de milliers de documents et de photographies liés à l’affaire Jeffrey Epstein a été rendue publique cette semaine par le département de la Justice des États-Unis (DOJ) dans le cadre de l’Epstein Files Transparency Act, une loi récemment adoptée qui oblige l’administration américaine à divulguer des éléments encore scellés depuis des années. Cependant, la publication — marquée par des suppressions, de lourdes caviardages et une polémique politique — suscite de vives contestations de part et d’autre du spectre politique.

Des fichiers disparaissent du site du DOJ
Moins de 24 heures après leur mise en ligne, au moins 16 fichiers ont disparu du site officiel du département de la Justice, y compris une photographie montrant l’ancien président Donald Trump aux côtés de Jeffrey Epstein, de Melania Trump et de Ghislaine Maxwell, selon l’Associated Press. Aucune explication publique n’a été fournie par le ministère. 
Cette suppression a alimenté les allégations de manque de transparence et de possible manipulation politique des archives, déjà massivement caviardées dans leur contenu. 
Un contenu lourdement caviardé et des images controversées
La plupart des documents publiés sont fortement redigés, avec des noms, des passages entiers et des détails essentiels obscurcis, selon les médias internationaux et des analyses indépendantes.
Parmi les éléments rendus publics figurent des photographies saisies lors des perquisitions des propriétés d’Epstein à New York et dans les îles Vierges américaines, montrant le financier en compagnie de personnalités célèbres comme :
• l’ancien président Bill Clinton,
• les artistes Mick Jagger, Michael Jackson et Diana Ross,
• l’entrepreneur Richard Branson,
• l’acteur Kevin Spacey et le comédien Chris Tucker,
• le prince britannique Andrew Mountbatten-Windsor et Sarah Ferguson. 
Dans plusieurs cas, les visages d’autres individus sont délibérément masqués, et l’absence de contexte explicatif autour des images renforce les critiques sur la manière dont la divulgation est gérée. 
Révélations partielles mais suscitant peu de nouvelles preuves
Malgré l’abondance apparente de fichiers, les documents n’offrent aucune preuve claire de crimes commis par des figures publiques non inculpées, mais plutôt un aperçu fragmentaire des associations sociales d’Epstein.
Un élément notable mis en lumière à travers d’autres publications récentes est la confirmation que le FBI a été informé des activités criminelles d’Epstein dès 1996, bien avant son arrestation fédérale, selon des archives internes révélées dans la dernière série de documents. 
Réactions politiques et critiques publiques
La réaction politique à ces divulgations a été immédiate et sévère. Des législateurs démocrates ont accusé l’administration de ne pas respecter pleinement la loi sur la transparence et de dissimuler des éléments clés, certains affirmant que ces omissions constituent une tentative de couverture politique. 
Le sénateur Chuck Schumer et d’autres représentants ont déclaré que l’administration entravait toujours l’application de la loi, ce qui pourrait mener à des actions en justice pour contraindre le DOJ à publier l’intégralité des fichiers requis. 
Critiques des victimes et défenseurs des droits
De nombreux survivants de Jeffrey Epstein, ainsi que des défenseurs des droits, ont exprimé leur frustration face au contenu « sous-révélé » des documents. Ils soulignent que des pages entières de témoignages de victimes et de mémos internes sur les décisions de poursuite ont été intégralement caviardés ou omis, privant ainsi le public et les chercheurs d’une compréhension complète de l’ampleur du réseau de trafic sexuel. 
Un processus de publication encore en cours
Le département de la Justice a indiqué que la publication des fichiers se fera progressivement au fil des semaines, en raison de l’énorme volume de matériaux à revoir et des impératifs juridiques de protéger la confidentialité des victimes et d’autres parties. 
Cependant, la controverse autour de la suppression de fichiers, des caviardages massifs et des débats politiques enflamme un débat national aux États-Unis sur la transparence, l’état de droit et la responsabilité des élites puissantes dans une affaire qui continue de captiver l’attention mondiale plus de six ans après la mort d’Epstein en prison en 2019.