Britain (Le Journal de Bruxelles) – Un sondage réalisé par JL Partners pour The Independent révèle que 55 % des électeurs britanniques soutiennent la création d’une nouvelle alliance de défense entre le Royaume-Uni et l’Europe, excluant les États-Unis. Cette position est motivée par les doutes concernant l’engagement du président Donald Trump envers l’OTAN, dans un contexte de menaces russes. Menée les 13 et 14 décembre 2025 auprès de 1 562 adultes, l’enquête reflète la crainte d’une fiabilité limitée des États-Unis sous Trump, qui a critiqué les dépenses de défense européennes et menacé de se retirer de ses obligations au sein de l’OTAN. Seuls 11 % des sondés s’opposent à ce pacte, signalant un possible tournant historique par rapport à la dépendance d’après-guerre du Royaume-Uni à la puissance militaire américaine via l’article 5 de l’OTAN.
Résultats du sondage et sentiment public
Les électeurs britanniques expriment une profonde inquiétude quant aux garanties de sécurité transatlantiques, privilégiant l’autonomie européenne en matière de défense.
Soutien massif à une nouvelle alliance
Comme le rapporte Henry Zeffman, rédacteur politique de The Independent, dans l’article « Le Royaume-Uni a besoin d’un nouveau pacte de défense avec l’Europe face aux craintes que Trump ne le défende pas, selon les électeurs » (publié le 29 décembre 2025), un sondage réalisé par JL Partners montre que 55 % des répondants souhaitent la création d’une nouvelle alliance de défense Royaume-Uni/Europe sans les États-Unis pour contrer les menaces de Vladimir Poutine. Seuls 11 % s’opposent au projet, mettant en évidence une nette préférence du public pour un découplage des défenses dirigées par les États-Unis.
James Johnson, de JL Partners, a déclaré : « Le changement radical des positions de la Maison-Blanche de Donald Trump en matière de politique étrangère semble avoir eu un impact sur les électeurs britanniques. » Il a ajouté : « D’après notre enquête, les électeurs ont perdu confiance dans la croyance que si le Royaume-Uni ou l’un de ses voisins européens fait face à une véritable menace militaire, l’Amérique interviendra automatiquement pour le protéger. » Johnson a conclu : « Ils estiment que l’Europe doit prendre en main sa propre protection militaire pour garantir sa sécurité. »
Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1 562 adultes les 13 et 14 décembre 2025.
Contexte des évolutions de la politique étrangère américaine
La réélection du président Trump a renforcé l’attention portée au rôle des États-Unis au sein de l’OTAN.
Critiques et menaces de Trump
Selon Zeffman, Trump a qualifié les pays européens de « faibles », les a régulièrement critiqués pour leurs dépenses de défense insuffisantes et a menacé d’ignorer les engagements de l’OTAN en cas d’attaque. Il a été accusé de favoriser la Russie au détriment de l’Europe dans le conflit ukrainien, promettant à l’Ukraine une protection « similaire à l’article 5 » seulement après un cessez-le-feu, ce que certains jugent insuffisant.
L’article 5 de l’OTAN – qui considère une attaque contre un membre comme une attaque contre tous – n’a été invoqué qu’une seule fois, après le 11 septembre, pour défendre les États-Unis.
L’article 5 de l’OTAN et ses fondements historiques
L’alliance constitue la pierre angulaire de la défense occidentale, mais la confiance s’érode.
Origines d’après-guerre et domination américaine
L’article de The Independent explique que l’OTAN a été créée en 1949 par les nations européennes et les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. La défense actuelle de la Grande-Bretagne et de l’Europe contre une attaque russe repose sur l’OTAN, soutenue par la supériorité militaire américaine.
Un tel nouveau pacte représenterait un « tournant historique dans la politique de défense avec d’importantes implications diplomatiques », selon Zeffman.
Avertissements des dirigeants européens et britanniques
Des responsables de haut rang tirent la sonnette d’alarme face à l’agression russe croissante.
Chef de l’OTAN et responsables du renseignement
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a averti les alliés de se préparer « à l’ampleur de la guerre que nos grands-parents ou arrière-grands-parents ont connue ».
Le nouveau chef du MI6, Blaise Metreweli, a repris cet avertissement, soulignant que la Russie « nous teste dans la zone grise avec des tactiques juste en dessous du seuil de guerre ».
Le ministre de la Défense, Al Carns, a déclaré que « l’ombre de la guerre frappe à la porte de l’Europe ».
Actions russes alimentant les craintes
La Russie a violé l’espace aérien européen avec des avions et des drones, en plus de cyberattaques et d’actes de sabotage. Selon les rapports, Poutine pourrait viser les États baltes après l’Ukraine.
Mécanismes de défense européens existants
Une collaboration existe, mais reste insuffisante pour une indépendance totale vis-à-vis des États-Unis.
Force expéditionnaire conjointe et augmentation des dépenses
Les pays européens coopèrent via la Force expéditionnaire conjointe dirigée par le Royaume-Uni pour la défense de l’Europe du Nord face à la Russie. Les dépenses de défense augmentent à l’échelle du continent, mais l’autosuffisance complète reste à plusieurs années.
Implications pour la politique étrangère britannique
Le sondage souligne un tournant de l’opinion publique vers une solidarité continentale.
Perte de confiance dans le secours américain
Johnson de JL Partners a souligné que la confiance des électeurs dans une intervention américaine automatique pour le Royaume-Uni ou les voisins européens confrontés à des menaces militaires s’est érodée.
Ce sentiment découle des « changements spectaculaires de la politique étrangère américaine sous M. Trump et de l’hostilité croissante envers l’Europe – y compris le Royaume-Uni – de la part de Vladimir Poutine », comme Zeffman précise l’objectif de l’enquête.
Répercussions géopolitiques plus larges
Un pacte entre le Royaume-Uni et l’Europe pourrait remodeler les alliances face aux menaces hybrides.
De la zone grise au conflit ouvert
La référence de Metreweli à la « zone grise » couvre les incursions russes en dessous du seuil de guerre, préparant le terrain à de potentielles invasions.
L’appel de Rutte évoque des préparatifs de guerre totale, s’alignant avec la métaphore de Carns sur le danger imminent.
Méthodologie et périmètre du sondage JL Partners
Un sondage rigoureux permet de saisir avec précision l’humeur nationale.
Détails de l’échantillon et du calendrier
JL Partners a interrogé 1 562 adultes en ligne sur deux jours : les 13 et 14 décembre 2025. L’enquête a évalué les réactions aux politiques de Trump et à l’attitude belliqueuse de Poutine.
Défis stratégiques à venir
La maturation de la défense européenne nécessite du temps et des investissements.
Écart vers l’autonomie
Malgré l’augmentation des budgets, les capacités européennes restent inférieures à celles des États-Unis, selon The Independent. Le pacte proposé permettrait d’accélérer l’autonomie sans retrait immédiat des forces américaines.
Démographie et motivations des électeurs
La répartition de 55 % à 11 % révèle une anxiété transversale à l’ensemble du spectre politique.
Résultat frappant défini
Zeffman décrit ce résultat comme le « constat saisissant » de la réaction du public face à l’imprévisibilité américaine et à la menace russe.