La Russie déploie des missiles Oreshnik en Biélorussie

Sam Vaknin
Credit: Getty Images

Russia (Le Journal de Bruxelles) – La Russie a déployé des missiles hypersoniques Oreshnik à capacité nucléaire en Biélorussie, renforçant ainsi sa portée militaire vers les pays de l’OTAN, tandis que les pays occidentaux s’inquiètent d’une dissuasion accrue et de délais d’alerte réduits, Vladimir Poutine affirmant que ces missiles dépassent Mach 10 et offrent une puissance comparable au nucléaire.

Images montrent les systèmes Oreshnik en action

La Russie a publié des images montrant le déploiement de ses systèmes de missiles hypersoniques Oreshnik en Biélorussie.
C’est la première fois que ces plateformes mobiles sont présentées publiquement.
Les vidéos montrent les équipages en train d’effectuer des frappes de groupe dans le cadre des exercices conjoints Zapad-2025.
Le président Vladimir Poutine a décrit l’Oreshnik comme impossible à intercepter, atteignant plus de dix fois la vitesse du son.

Lancement mobile et camouflages

Les lanceurs mobiles sont filmés circulant sur des routes forestières, avec les équipements camouflés sous une légère neige.
Un officier supérieur a annoncé que les systèmes étaient officiellement en service opérationnel.
Les routines de formation et de reconnaissance ont également été mises en avant dans les images.
Ces vidéos illustrent la montée en puissance de la présence russe à proximité des pays de l’OTAN.

Confirmation diplomatique de Moscou

L’ambassadeur russe en Biélorussie, Boris Gryzlov, a confirmé le déploiement dans ses vœux du Nouvel An.
Il a déclaré que cette étape reflétait l’efficacité du traité bilatéral sur les garanties de sécurité.
Le traité, entré en vigueur en mars, formalise l’intégration militaire approfondie entre la Russie et la Biélorussie.
Cette coopération vise à renforcer la sécurité commune face aux membres de l’OTAN voisins.

Contexte stratégique et Ukraine

Le déploiement survient dans un contexte de tensions accrues liées à la guerre en Ukraine.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, a affirmé que l’Ukraine avait attaqué la résidence de Poutine à Valdaï.
Il a évoqué l’usage de près de 100 drones, entraînant des menaces de représailles.
Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a rejeté ces accusations, soulignant les risques d’escalade.

Analyse de l’emplacement en Biélorussie

Les analystes notent que la base en Biélorussie réduit les temps de vol pour d’éventuelles frappes nucléaires en Europe.
Cela renforce la posture de dissuasion de Moscou face au soutien occidental à l’Ukraine.
Deux chercheurs américains ont confirmé l’authenticité des images en comparant des bâtiments à des photos satellites.
Le site probable identifié correspond à la base aérienne de Krichev-6, validant les spéculations antérieures.

Capacités et précédents tests

La Russie a testé un Oreshnik conventionnel sur une cible ukrainienne en novembre 2024.
Poutine a déclaré que sa puissance destructrice rivalisait avec les armes nucléaires, malgré une charge non nucléaire.
Le missile a une portée estimée à 5 500 km, couvrant l’Europe et l’ouest des États-Unis.
L’Oreshnik complète l’arsenal hypersonique russe, aux côtés des Kinzhal et Zircon, conçus pour échapper aux défenses occidentales.

Rôle de Loukachenko et déploiement

Le président biélorusse Alexander Loukachenko a confirmé l’accueil d’une douzaine de missiles Oreshnik.
Le ministre de la Défense biélorusse a présenté le déploiement comme une réponse aux « actions agressives occidentales ».
Les troupes biélorusses n’ont cependant pas été directement engagées en Ukraine depuis 2022.
Le traité de l’État de l’Union formalise cette coopération, renforçant la sécurité régionale conjointe.

Scepticisme des évaluateurs militaires américains

Certains responsables occidentaux doutent de la révolution opérationnelle de l’Oreshnik sur le champ de bataille.
Un responsable américain a estimé que le système n’était pas un « game-changer » en décembre 2024.
Le scepticisme repose sur la multiplication des affirmations russes concernant ses capacités.
Malgré cela, le déploiement en Biélorussie inquiète l’Europe et l’OTAN sur le long terme.

Réactions européennes

Le chancelier allemand Friedrich Merz a évoqué la posture russe dans son discours de Nouvel An.
Il a dénoncé une planification agressive ciblant l’ensemble de l’Europe.
Merz a insisté sur la nécessité pour les Européens de renforcer leur autonomie stratégique.
Il a souligné que l’année 2025 pourrait être décisive pour l’avenir de l’Europe et sa sécurité.

Impact sur le flanc est de l’OTAN

Stationner des missiles hypersoniques nucléaires à 200 km de Vilnius et Varsovie réduit le temps de réaction de l’OTAN.
Le traité de l’État de l’Union pourrait ouvrir la voie à une implantation permanente similaire à celle de Kaliningrad.
Les capacités de frappe avancées augmentent la pression sur les alliés occidentaux.
La proximité des infrastructures critiques européennes soulève des inquiétudes sur la sécurité régionale.

Calcul de dissuasion nucléaire élargi

Moscou considère l’Oreshnik comme un signal de détermination face aux armements occidentaux de l’Ukraine.
Le déploiement teste également la cohésion de l’OTAN, en particulier les demandes polonaises et baltes pour des forces US permanentes.
Le positionnement stratégique vise à dissuader toute intervention directe.
Il s’inscrit dans un cadre plus large de politique de sécurité russe en Europe de l’Est.

Exercices Zapad-2025

Les images sont liées aux manœuvres Zapad-2025, simulant un affrontement intense contre l’OTAN.
Les exercices conjoints russo-biélorusses mettent en avant la capacité de frappe en salves de l’Oreshnik.
Ces manœuvres soulignent la coordination militaire et l’intégration stratégique des forces des deux pays.
Elles visent à démontrer la capacité de la Russie à opérer des frappes rapides et multiples contre des cibles ennemies.

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Sam Vaknin, Ph.D., est un ancien conseiller économique pour plusieurs gouvernements (Nigeria, Sierra Leone, Macédoine du Nord). Il a été rédacteur en chef de *Global Politician* et chroniqueur pour divers médias imprimés et internationaux, notamment *Central Europe Review* et *United Press International* (UPI). Il a enseigné la psychologie et la finance dans plusieurs institutions académiques à travers différents pays.
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