Belgium (Le Journal de Bruxelles) – La Belgique ne devrait pas pouvoir construire de nouvelles centrales nucléaires de grande capacité avant 2039 au plus tôt, et plus probablement entre 2042 et 2044, selon une étude de Tractebel pour Elia. Le respect du calendrier le plus optimiste exigerait un lancement gouvernemental sans retard d’ici fin 2026. La hausse de la demande liée aux véhicules électriques, aux centres de données et aux pompes à chaleur pourrait nécessiter 4,4 GW supplémentaires d’ici 2035. Seuls les sites de Doel et de Tihange sont jugés adaptés, et ces conclusions alimenteront le plan énergétique fédéral 2028-2038.
Conclusions de l’étude Tractebel
La Belgique pourrait ne pas être en mesure de construire de nouvelles centrales nucléaires de grande capacité avant 2039 au plus tôt, selon les conclusions d’une étude commandée par le gestionnaire du réseau haute tension Elia et réalisée par le bureau d’ingénierie Tractebel. Pour respecter un tel calendrier, le gouvernement devrait lancer le projet d’ici la fin de 2026 et éviter tout retard, une condition jugée difficile à remplir. Les experts estiment qu’une mise en service entre 2042 et 2044 est plus probable.
Forte hausse de la demande d’électricité
L’étude met en avant la pression croissante exercée sur le système électrique par l’essor des véhicules électriques, la numérisation de l’industrie, les centres de données et l’utilisation accrue des pompes à chaleur. Elia avait déjà estimé que le pays aurait besoin d’au moins 4,4 gigawatts de capacité de production supplémentaire d’ici 2035, soit l’équivalent de plus de quatre réacteurs nucléaires de grande taille.
Sites adaptés en nombre limité
Selon l’analyse, seuls deux sites en Belgique disposent des conditions techniques nécessaires pour accueillir plusieurs réacteurs à eau pressurisée de plus d’un gigawatt chacun. Il s’agit des installations nucléaires existantes de Doel et de Tihange, déjà au cœur du débat national sur l’avenir de l’énergie nucléaire.
Cadre du plan fédéral de développement
Elia a commandé cette étude dans le cadre de la préparation du plan fédéral de développement du réseau pour la période 2028-2038. Après une phase de consultation des parties prenantes, ce plan devrait être soumis à l’approbation du ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet, au plus tard en mai.
Enjeux énergétiques plus larges
Le débat sur la sortie du nucléaire en Belgique s’intensifie alors que les réacteurs vieillissants de Doel et Tihange font l’objet de prolongations afin de garantir la sécurité d’approvisionnement et de respecter les objectifs climatiques européens. L’étude souligne les lourdes contraintes liées aux autorisations, à la construction et aux chaînes d’approvisionnement, des difficultés déjà observées sur de grands projets nucléaires ailleurs en Europe.
Réponses gouvernementales et industrielles
Les décisions attendues en 2026 concernant le choix des sites et les financements seront déterminantes pour respecter les échéances envisagées. Tractebel évoque également la possibilité de développer en parallèle des petits réacteurs modulaires, présentés comme plus rapides à déployer, bien que leur viabilité à grande échelle reste à démontrer.
Enjeux économiques et environnementaux
Un déficit de 4,4 gigawatts pourrait accroître les risques de pénurie et exercer une pression sur les prix de l’électricité, dans un contexte marqué par l’essor des véhicules électriques et des activités numériques. Si un renouveau du nucléaire s’inscrit dans les ambitions climatiques à l’horizon 2040, il entre néanmoins en tension avec la loi de sortie du nucléaire adoptée en 2025 et actuellement réexaminée.
Comparaison européenne
Les délais envisagés pour la Belgique s’inscrivent dans une tendance européenne plus large, où plusieurs projets nucléaires ont connu des retards importants. Cette situation souligne la nécessité d’une réorientation rapide des politiques énergétiques si le pays souhaite concrétiser de nouveaux investissements nucléaires dans les délais annoncés.