Paris (Le Journal de Bruxelles) 15 janvier 2026 – La cour d’appel de Paris poursuit les audiences du procès en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national. Fernand Le Rachinel a été auditionné ce jeudi, reconnaissant des failles dans le système. L’audition de Louis Aliot est reportée à la semaine prochaine.
Le procès en appel s’est ouvert le 13 janvier 2026 et doit se prolonger jusqu’au 12 février. Marine Le Pen, condamnée en première instance à quatre ans de prison dont deux ferme, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, conteste ces peines. Selon Le Monde, cette sanction lui barre la route de la présidentielle de 2027 tant qu’elle n’est pas infirmée.
Quelles auditions ont marqué la journée de jeudi ?
Ce jeudi, la cour d’appel de Paris a entendu Fernand Le Rachinel, figure âgée de 83 ans et doyen du dossier, comme rapporté par RTL. Interrogé sur son rôle dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national, il a fini par reconnaître avoir « failli ». L’assesseuse a insisté, déclarant : « Vous avez commis une faute », ce que l’intéressé a admis à nouveau.
Parallèlement, l’audition de Louis Aliot, maire de Perpignan et proche de Marine Le Pen, a été reportée à la semaine prochaine, selon les informations diffusées en direct par RTL. Cette décision intervient dans un contexte où d’autres témoins, comme le Parlement européen, ont été auditionnés le même jour.
Le Figaro note la présence d’autres figures du dossier, telles que Catherine Griset, Guillaume L’Huillier, Timothée Houssin et l’expert-comptable Nicolas Crochet, prêtes à suivre les débats après la lecture du rapport de la présidente Michèle Agi.
Quel est le contexte de ce procès en appel ?
Le procès en appel porte sur des soupçons de détournement de fonds publics européens destinés aux assistants parlementaires d’eurodéputés FN entre 2004 et 2016. En première instance, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Marine Le Pen le 31 mars 2025 à quatre ans de prison dont deux ferme, aménageables sous bracelet électronique, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, comme détaillé par Le Monde.
Le jugement de première instance a qualifié les faits d’un « système » centré sur Marine Le Pen, visant à faire bénéficier le parti de fonds européens pour un préjudice estimé à 4,4 millions d’euros. Selon Le Figaro, les prévenus élus n’avaient produit aucune preuve de travail effectif des assistants, ce qui a pesé dans la décision.
Quelle procédure a été soulevée par la défense ?
Mercredi, la défense de Marine Le Pen, représentée par Me Rodolphe Bosselut, a soulevé une question procédurale liée à l’ordonnance de renvoi en première instance. Celle-ci incluait un tableau annexe non signé listant les contrats, étendant les charges à 1,4 million d’euros supplémentaires, selon RTL. Les avocats généraux ont eux-mêmes estimé que le tribunal avait « surestimé » ces charges.
La présidente Michèle Agi a indiqué que la cour se prononcerait sur cet incident au délibéré, en le joignant au fond du dossier.
Quelles réactions et déclarations ont émergé ?
Marine Le Pen a déclaré devant la cour : « Je n’ai aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit », rapporté par Le Figaro lors de l’ouverture des débats le 13 janvier. Cette position fait écho à sa contestation globale du dossier, qualifié par elle de persécution politique.
Fernand Le Rachinel, ancien imprimeur du parti, a reconnu un « système frauduleux » mis en place, selon Public Sénat, bien que la moitié des condamnés en première instance n’aient pas fait appel. Mediapart souligne la « particularité gravité » du dossier et l' »enrichissement partisan inédit » reproché au RN.
Le parquet avait requis en première instance cinq ans de prison dont trois avec sursis, 300 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire contre Marine Le Pen, comme indiqué par Mediapart.
Quelles sont les implications pour l’avenir politique de Marine Le Pen ?
Le calendrier judiciaire est crucial : l’inéligibilité avec exécution provisoire empêche Marine Le Pen de se présenter à la présidentielle de 2027 tant que la cour d’appel ne statue pas autrement, précise Le Monde. Ses recours devant le Conseil d’État ont été rejetés, confirmant l’application immédiate de la peine.
La moitié des condamnés en première instance n’ont pas fait appel, affaiblissant potentiellement la défense collective, note Public Sénat. Le délibéré est attendu à l’issue des audiences prolongées jusqu’au 12 février 2026.
Si la cour infirme la sanction d’inéligibilité, cela rouvrirait la voie à la candidature de Marine Le Pen. À l’inverse, une confirmation aggraverait sa situation, dans un contexte où le RN multiplie les stratégies dilatoires, comme relevé par Mediapart lors de l’instruction.
Les débats se poursuivent avec des auditions clés, dont celle de Louis Aliot la semaine prochaine, tandis que la cour examine les preuves d’un système présumé de détournement de fonds européens au profit du parti.