Paris (Le Journal de Bruxelles) 13 janvier 2026 – La ministre de la Santé Stéphanie Rist a dévoilé le 12 janvier une stratégie nationale contre la désinformation en santé jugée massive. Cette riposte s’articule autour d’écoutes citoyennes, d’un observatoire et d’un dispositif d’infovigilance opérationnel fin janvier. L’objectif est de restaurer la confiance dans la science et de protéger les plus vulnérables.
Face à une désinformation en santé devenue « massive », le gouvernement français passe à l’offensive avec une stratégie structurée en quatre axes principaux. Présentée lors d’une conférence de presse à Paris, cette initiative vise à détecter rapidement les fausses informations, à analyser leurs mécanismes et à diffuser des réponses fiables. Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, a insisté sur l’urgence de changer de méthode pour contrer un phénomène qui fragilise la prévention et l’accès aux soins.
Quelle est la stratégie annoncée par la ministre ?
La stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé repose sur quatre grands axes complémentaires. Le premier volet prévoit une phase d’écoute et de consultation citoyenne, avec des enquêtes d’opinion, un baromètre national et la création d’un Comité citoyen de 27 personnes. Ce comité tiendra des assises mi-février pour formuler des recommandations sur le rôle des pouvoirs publics.
Le deuxième axe consiste en la constitution d’un Observatoire de la désinformation en santé. Cet observatoire assurera une veille continue, publiera des baromètres et des travaux de recherche, et animera des groupes de travail thématiques. Il vise à identifier, analyser et documenter les phénomènes de désinformation pour mieux informer et sensibiliser les acteurs de la santé et de l’information.
Le troisième pilier est le déploiement d’un dispositif d’infovigilance en santé, opérationnel à partir de la fin janvier. Ce système permettra de détecter rapidement les fausses informations sur des sujets comme la vaccination, les traitements, le cancer, l’alimentation, la santé mentale ou la santé des femmes et des enfants. Il analysera leurs ressorts et diffusera des réponses fiables et pédagogiques via un réseau d’alliés incluant experts, journalistes, institutions et créateurs de contenus.
Enfin, le quatrième axe renforce l’éducation critique, la responsabilisation des plateformes numériques et l’intégration du sujet dans la recherche. Selon le ministère de la Santé, ces mesures rendront le réflexe de vérification plus simple pour le grand public, en orientant vers des pages de référence sur le site Santé.fr.
Quelles réactions et quel contexte entourent cette annonce ?
Stéphanie Rist, médecin de profession, a qualifié la désinformation en santé de « principal risque pour notre santé publique ». « La désinformation en santé est aujourd’hui l’un des principaux risques pour notre santé publique. Quand les fausses informations circulent plus vite que la science, ce sont les plus fragiles qui en paient le prix fort. Et face à cela, l’État ne peut ni se taire ni se contenter de réagir coup après coup. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous changeons de méthode », a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse, selon Sciences et Avenir.
Cette stratégie s’appuie sur un comité de pilotage réunissant experts, agences et opérateurs d’État, institutions nationales et Agences régionales de santé. Elle fait suite à une mission d’expertise indépendante qui a remis son rapport le 12 janvier. Lancée au printemps 2025 par l’ancien ministre chargé de la Santé Yannick Neuder lors d’un colloque, l’initiative s’impose désormais comme une « priorité stratégique pour l’État », a souligné la ministre.
Le gouvernement justifie cette riposte comme une « responsabilité collective » et une « priorité de santé publique ». Dans un contexte de défiance croissante envers la science et les institutions sanitaires, la stratégie met l’accent sur l’écoute, la transparence et la science pour permettre des choix éclairés en matière de santé.
Quels sont les enjeux concrets pour les citoyens ?
Pour le grand public, le dispositif d’infovigilance offrira des explications claires face à des infox virales sur les traitements ou les vaccins. Les consultations citoyennes permettront de comprendre pourquoi certaines rumeurs se propagent et quelles réponses sont perçues comme crédibles. Selon Doctissimo, l’ambition est de rendre la vérification des informations plus naturelle et accessible.
Le site sante.gouv.fr précise que ce dispositif proposera des formats adaptés aux réseaux sociaux. Un réseau d’alliés assurera la diffusion rapide de contenus fiables, en analysant les ressorts des désinformations pour mieux les contrer.
Quelles implications et prochaines étapes attendues ?
Cette stratégie marque un tournant avec une approche proactive plutôt que réactive. L’infovigilance, étape la plus concrète, devrait être opérationnelle fin janvier, comme l’indique Le Quotidien du Pharmacien. Elle permettra une riposte ciblée sur les réseaux sociaux et les médias.
Les assises du Comité citoyen mi-février animeront des groupes de travail pour affiner les recommandations. L’Observatoire publiera des analyses régulières, renforçant la sensibilisation. Le renforcement de l’éducation critique vise à responsabiliser les plateformes et à intégrer la lutte contre la désinformation dans les programmes de recherche.
Les implications touchent directement la prévention et la confiance publique. En documentant le phénomène, le gouvernement espère alerter sur ses impacts, notamment sur les populations fragiles. Cette initiative transversale mobilise la société civile pour une réponse systémique.
La ministre a conclu que « la désinformation en santé fragilise la prévention, la confiance et parfois même l’accès aux soins. Avec cette stratégie nationale, nous faisons le choix de l’écoute, de la transparence et de la science, pour permettre à chacune et chacun de disposer d’une information fiable et compréhensible ». Cette annonce, rapportée par Le Monde, Le Quotidien du Médecin et TF1 Info, ouvre une nouvelle ère dans la protection de la santé publique face aux infox.