Cyprus (Le Journal de Bruxelles) – Cyprus assumes the rotating EU presidency on Thursday, with Foreign Minister Constantinos Kombos promising a « new mentality » to address defense, migration, and support for Ukraine. The island draws on its experience of occupation, explores opportunities in the Middle East and trade agreements with India, while also managing its tensions with Turkey.
Chypre se prépare à un rôle de leadership européen
Chypre, l’un des plus petits États membres de l’Union européenne, entame jeudi sa présidence de six mois en mettant l’accent sur l’apport d’idées nouvelles face à des défis anciens et complexes.
Vision du ministre des Affaires étrangères pour la présidence
Le ministre chypriote des Affaires étrangères, Constantinos Kombos, a indiqué que Chypre abordera sa présidence avec discipline et engagement, tout en adoptant une approche différente. Ancien universitaire, il estime que les petits États peuvent apporter des perspectives utiles et pragmatiques dans des contextes complexes.
Il a souligné que cette présidence n’est pas perçue comme une obligation administrative, mais comme une responsabilité à exercer avec sérieux et ambition. Cette volonté se reflète dans l’importance symbolique accordée aux institutions européennes au sein de l’administration chypriote.
Kombos a également rappelé l’expérience de Chypre face à plus de cinquante ans d’occupation militaire depuis 1974, ce qui confère au pays une sensibilité particulière à la situation en Ukraine et aux questions de souveraineté.
Priorités clés : défense, migration et Ukraine
L’agenda de la présidence chypriote reflète les enjeux sécuritaires et politiques majeurs auxquels l’Union européenne est actuellement confrontée.
L’Ukraine au cœur des priorités
Alors que le conflit en Ukraine entre dans sa quatrième année, Chypre entend maintenir cette question au centre des discussions européennes. L’objectif est de préserver l’unité de l’UE face à l’agression russe, tout en reliant ce dossier aux dynamiques de sécurité régionales plus larges.
Chypre considère également que les développements au Moyen-Orient ont un impact direct sur la stabilité européenne, notamment en Méditerranée orientale, et souhaite intégrer ces dimensions dans les débats stratégiques.
Sécurité et préparation en matière de défense
Le président Nikos Christodoulides a affirmé que la sécurité et la préparation en matière de défense seront des priorités majeures. Cette orientation vise à renforcer l’autonomie stratégique de l’Union européenne dans un environnement géopolitique instable.
La devise de la présidence, « une union autonome, ouverte sur le monde », illustre cette ambition de conjuguer résilience interne et engagement international.
Préparatifs et contexte national
Chypre a engagé d’importants efforts logistiques, administratifs et politiques afin d’assurer le bon déroulement de sa présidence.
Deux années de préparation
Le pays s’est préparé pendant plus de deux ans, après avoir déjà exercé la présidence en 2012. Les priorités définies sont jugées ambitieuses, couvrant des dossiers sensibles et complexes à fort impact pour l’avenir de l’Union.
Les signes visibles de la présidence, notamment dans les infrastructures publiques et les lieux institutionnels, témoignent de l’importance accordée à cet événement national.
La division de l’île, source d’inquiétudes
La partition de Chypre entre le sud reconnu internationalement et le nord sous contrôle turc demeure un facteur de fragilité. Les autorités craignent que les tensions persistantes avec la Turquie ne compliquent la coopération européenne en matière de défense.
Nicosie, avec le soutien d’Athènes, a bloqué la participation de la Turquie à certains programmes européens de défense, invoquant la présence de troupes turques sur le territoire chypriote.
Relations avec la Turquie pendant la présidence
Chypre affirme néanmoins sa volonté de dissocier les différends bilatéraux des responsabilités liées à la présidence européenne.
Invitation adressée à Erdoğan
Les autorités chypriotes ont indiqué qu’une invitation a été envisagée pour la participation du président turc à une réunion informelle du Conseil. Chypre insiste sur le fait que la présidence ne sera pas utilisée pour promouvoir des intérêts nationaux spécifiques.
Cette approche vise à éviter que la division de l’île ne fasse obstacle aux relations institutionnelles entre l’Union européenne et la Turquie.
Opportunités régionales au-delà des crises
Chypre souhaite mettre en avant le potentiel stratégique et économique de la Méditerranée orientale.
Moyen-Orient et Inde au centre de l’attention
Les responsables chypriotes estiment que cette région est trop souvent associée uniquement aux crises. Ils soulignent également les opportunités économiques et commerciales, notamment dans le contexte de réorganisation des échanges mondiaux.
Chypre entend promouvoir un rapprochement économique entre l’Union européenne, le Moyen-Orient et l’Inde, en favorisant la diversification des partenariats commerciaux.
Résilience de l’Union européenne face aux défis
Les autorités chypriotes mettent en avant la capacité de l’Union européenne à évoluer et à surmonter les crises successives, malgré les critiques récurrentes sur son fonctionnement.
Responsabilités et portée de la présidence
La présidence implique la coordination des travaux législatifs, diplomatiques et politiques de l’Union.
Supervision des négociations
Avec une population d’environ 1,2 million d’habitants, Chypre assurera la présidence des réunions du Conseil et la coordination des négociations entre les États membres.
Dossiers ambitieux
Les priorités définies — défense, migration, soutien à l’Ukraine et expansion commerciale — représentent un défi important pour un État de taille modeste.
Contexte historique de la présidence chypriote
Il s’agit de la deuxième fois que Chypre assume la présidence du Conseil de l’Union européenne.
Souvenir de la présidence de 2012
La précédente présidence chypriote s’était déroulée dans le contexte de la crise de la zone euro. La présidence actuelle intervient dans un environnement marqué par des tensions géopolitiques accrues.
Une capitale divisée comme symbole durable
La division de Nicosie demeure un symbole fort des tensions non résolues sur l’île.
Le nord de Chypre, reconnu uniquement par la Turquie, accueille une présence militaire turque importante, ce qui influence fortement la vision sécuritaire de Nicosie.
Agenda d’autonomie stratégique
Chypre s’inscrit pleinement dans l’objectif européen de réduction des dépendances extérieures.
Défense et ouverture mondiale
L’accent mis sur une union autonome et ouverte sur le monde reflète la volonté de renforcer la résilience interne de l’UE tout en développant ses relations internationales.