Bruxelles (Le Journal de Bruxelles) 26 janvier 2026 – Les archives de la Police des Étrangers permettent à des survivants et descendants de reconstituer des fragments de mémoire liés à la Shoah en Belgique.
Ces documents, conservés aux Archives générales du Royaume, contiennent plus de deux millions de dossiers individuels sur les étrangers en Belgique depuis 1839, dont une part significative concerne les Juifs persécutés durant la Seconde Guerre mondiale.
Comment les archives de la Police des Étrangers aident-elles à restaurer la mémoire de la Shoah ?
Les Archives générales du Royaume à Bruxelles abritent plus de deux millions de dossiers individuels de la Police des Étrangers, couvrant sept kilomètres linéaires de documents précieux pour l’histoire des migrations et des recherches généalogiques.
Conformément à l’ordonnance allemande du 28 octobre 1940, tous les Juifs devaient s’inscrire dans un registre spécial tenu par les administrations communales belges, générant environ 90 % des photos des déportés conservées dans ces archives.
Le Kazerne Dossin, Mémorial, Musée et centre de Documentation sur l’Holocauste et les Droits de l’Homme à Malines, a numérisé 26 000 dossiers de personnes d’origine juive déportées via Malines ou Drancy, totalisant plus de 600 000 documents.
Quel rôle ces archives jouent-elles dans le contexte de la Shoah en Belgique ?
La Shoah en Belgique inclut les persécutions, déportations et extermination des Juifs dès 1940, avec l’instauration de l’Association des Juifs en Belgique, le port de l’étoile juive et le camp de rassemblement à la Caserne Dossin.
Les convois de déportation partirent de 1942 à 1944, impliquant la Sipo-SD à Bruxelles, chargée de la déportation des Juifs, avec une collaboration limitée des polices belges dans la plupart des cas.
Comme rapporté dans des études historiques, la majorité des Juifs déportés en Belgique furent arrêtés isolément ou par petits groupes, plutôt que lors de vastes rafles, contrairement à la France ou aux Pays-Bas.
Quelles informations spécifiques ces dossiers révèlent-ils ?
Ces dossiers individuels, établis pour chaque migrant, concernent plusieurs communautés immigrées et sont utilisés pour retracer les parcours des Juifs déportés ou réfugiés en Belgique.
Depuis 2022, plus de 3 000 dossiers de réfugiés d’après-guerre, principalement d’origine juive, sont consultables sur le site des Arolsen Archives après numérisation par les Archives générales du Royaume.
Quelles implications ces découvertes ont-elles pour la mémoire collective ?
Pour les survivants et leurs descendants, ces petites informations des archives représentent un apport immense dans la reconstitution de mémoires brisées par la Shoah.
Elles permettent de combler des lacunes historiques sur les persécutions antijuives, les rafles et les déportations organisées par les autorités d’occupation.
Les efforts de numérisation facilitent l’accès à ces sources inestimables, renforçant la recherche sur l’histoire migratoire et l’Holocauste en Belgique.
Cette valorisation des archives perpétue la connaissance des événements de la Seconde Guerre mondiale et honore les victimes juives de Belgique.