Strasbourg (Le Journal de Bruxelles) 22 janvier 2026 – Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a survécu à deux motions de censure déposées par des groupes d’opposition au Parlement européen. Les votes, tenus jeudi à Strasbourg, ont été massivement rejetés, confirmant le soutien majoritaire à sa direction. Ces motions soulignent les tensions croissantes autour de sa politique commerciale et de sa transparence.
Le Parlement européen a rejeté jeudi deux motions de censure contre la Commission européenne dirigée par Ursula von der Leyen. La première, présentée par le groupe Patriotes pour l’Europe, a recueilli 179 voix pour, 378 contre et 37 abstentions. La seconde, déposée par le groupe de La Gauche, a obtenu 133 voix pour, 383 contre et 78 abstentions. Aucune n’a atteint la majorité des deux tiers requise pour renverser la Commission.
Comment s’est déroulé le vote au Parlement européen ?
Les débats ont eu lieu lundi en plénière à Strasbourg, en présence d’Ursula von der Leyen. Les votes séparés ont suivi jeudi midi. Selon le règlement du Parlement, une motion de censure nécessite une majorité des deux tiers des suffrages exprimés, représentant la majorité des 719 membres, soit au moins 360 voix.
La première motion, initiée par les Patriotes pour l’Europe (PfE), un groupe d’extrême droite, visait principalement l’accord commercial UE-États-Unis. Les promoteurs critiquaient ses conditions défavorables pour les exportateurs européens et le manque de transparence de la présidente. La Gauche, de son côté, a déposé la seconde motion sur des motifs similaires, dénonçant l’autoritarisme perçu et les alliances politiques variables de von der Leyen.
Ces motions surviennent trois mois après une précédente en juillet 2025, rejetée par 360 voix contre 175 pour. Selon Euronews, presque tous les groupes politiques, après deux jours de discussions internes, ont adopté une ligne commune contre les motions. Le groupe PPE, avec 188 députés et dirigé par Manfred Weber, s’est entièrement aligné derrière la Commission.
Quelles sont les réactions des principaux acteurs ?
Manfred Weber, président du PPE, a qualifié les motions de « légèrement ridicules » et de « simple outil de propagande » pour leurs promoteurs, comme rapporté par Euronews. Ursula von der Leyen, absente du vote car en déplacement à Rome, n’a pas commenté directement l’événement selon Le Figaro, mais son absence symbolisait sa confiance en un rejet.
Les motions cristallisent des rancœurs sur l’autoritarisme de la présidente et ses alliances à géométrie variable, note Le Figaro dans un décryptage. Le Parlement apparaît de plus en plus fracturé, un an après la reconduction de von der Leyen pour un second mandat en juillet 2024 avec 401 voix pour sur 707 votants.
Quels griefs précis motivent ces motions ?
Les deux propositions convergent sur l’accord commercial avec les États-Unis, critiqué par la quasi-totalité des partis pour ses conditions défavorables, selon un reportage d’Euronews. Les Patriotes pour l’Europe et La Gauche dénoncent aussi le manque de transparence d’Ursula von der Leyen dans cette affaire. Des références à des paiements controversés, comme des enveloppes à Pfizer, émergent dans les débats, bien que non centrales aux motions.
Quelles implications pour l’avenir de la Commission ?
Bien que rejetées, ces motions représentent un coup de semonce, selon Le Figaro. Une augmentation des voix pour par rapport à juillet (175 voix) signifierait une victoire symbolique pour l’opposition, tandis qu’une baisse des voix contre alerterait sur un affaiblissement du soutien à von der Leyen. Aucune motion n’a jamais réussi historiquement, mais l’échec d’une en 1999 a mené à la démission de la Commission de Jacques Santer peu après.
Le Parlement reste sous surveillance des partis soutenant la présidente. Les prochaines étapes incluent les auditions de commissaires et l’approbation du collège, comme lors de son élection en 2024. La polarisation politique marque le second mandat de von der Leyen, élu avec une majorité fixée à 360 voix.
Ce double rejet confirme la stabilité de la Commission européenne pour l’instant. Les tensions persistantes au Parlement soulignent toutefois les défis à venir pour Ursula von der Leyen dans un hémicycle divisé. Les exportateurs européens et la transparence des accords commerciaux demeurent des points chauds pour les débats futurs.