Pénurie de crèches : pourquoi la recherche d’une place reste-t-elle un parcours du combattant en Belgique francophone

Editorial Team

Bruxelles (Le Journal de Bruxelles) 17 janvier 2026 – En Fédération Wallonie-Bruxelles, environ 10.000 places manquent dans les crèches en 2024 malgré une dénatalité observée. Les pénuries persistent à Bruxelles, dans la botte du Hainaut et en périphérie liégeoise. Le budget 2026 aggrave la situation avec des coupes de 74 millions d’euros, menaçant des fermetures et la qualité d’accueil.

La recherche d’une place en crèche reste un défi majeur pour les parents en Belgique francophone, où le taux de couverture n’atteint que 40 % avec 45.000 places disponibles. Selon Déborah Dewulf, administratrice générale de l’ONE, ce manque s’explique par des disparités territoriales et des différences selon le type d’accueil. Les familles font face à un parcours du combattant, particulièrement dans les zones urbaines denses.

Pourquoi manque-t-il encore autant de places en crèche ?

Malgré une baisse du nombre de naissances en Belgique francophone, la pénurie persiste. En 2024, il manquait environ 10.000 places dans les crèches francophones, comme l’a indiqué Déborah Dewulf dans un entretien à RTL. L’administratrice générale de l’ONE précise que la Fédération Wallonie-Bruxelles dispose de 45.000 places d’accueil, soit un taux de couverture avoisinant les 40 %.

Ce taux reste insuffisant pour répondre à la demande. Déborah Dewulf souligne que « nous pourrions aller un step plus loin ». Les territoires les plus touchés sont Bruxelles, la botte du Hainaut et la périphérie de Liège, où les listes d’attente sont les plus longues. Ces zones concentrent une forte densité de familles jeunes.

La pénurie varie aussi selon le type d’accueil. L’accueil collectif ou individuel, avec ou sans participation financière des parents liée aux revenus, présente des disparités. Selon l’ONE, le problème n’est pas uniforme : certains milieux peinent plus que d’autres à absorber la demande.

Quelles sont les causes profondes de cette pénurie persistante ?

Les explications territoriales et structurelles dominent. À Bruxelles, la pression démographique urbaine accentue le manque. Dans la botte du Hainaut et autour de Liège, des facteurs locaux comme l’urbanisation et le faible nombre de structures aggravent la situation, selon Déborah Dewulf rapporté par RTL.

Le secteur fait face à un désengagement financier croissant. Le budget 2026 prévoit 74 millions d’euros d’économies pour l’accueil de l’enfance, sur un total de 225 millions de coupes budgétaires, comme le souligne un article de Guidesocial. Cela représente en réalité 174 millions d’économies en annulant 100 millions attendus pour la norme d’encadrement de 1,5 puéricultrice pour 7 enfants.

Quels impacts directs sur les milieux d’accueil ?

Les crèches risquent des fermetures dès 2026. Les milieux d’accueil doivent absorber entre 1.000 et 1.200 euros par accueillante pour l’indexation des salaires, sans compensation en subventions, selon Guidesocial. Cela menace des centaines de places en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le gel de l’indexation des subventions retire 138 euros par place et par enfant, met en péril la viabilité de milliers de structures, d’après Ecolo. L’abandon de la norme d’encadrement 1,5 pour 7 bébés diminue la qualité et augmente la pénibilité du métier. Les 600 places d’accueil d’urgence pour bébés en danger sont également supprimées.

Les structures, déjà à bout de souffle, pourraient réduire les horaires, abandonner des projets ou augmenter les prix pour l’accueil extrascolaire. Cela dégrade les conditions de travail et dévalorise les métiers de l’enfance, en pénurie chronique.

Quelles réactions suscite ce budget controversé ?

Le Comité d’avis de l’ONE évoque un budget « ébranlant la qualité de l’accueil et fragilisant un édifice construit sur 20 ans », relayé par la députée Ecolo Margaux De Re lors d’une présentation au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle dénonce un budget « brutal pour les tout-petits et les travailleuses », prenant « les bébés pour des chiffres ».

Selon Axelle Magazine, ces coupes de 74 millions aggravent la pénurie de places de qualité et contredisent les engagements publics en matière d’accessibilité. Le secteur de l’accueil de l’enfance alerte sur des conséquences dramatiques et irréversibles pour les enfants, familles et travailleurs.

Margaux De Re pointe des « coupes budgétaires hypocrites » créant un manque encore plus criant. Ces choix touchent massivement les femmes, mères et travailleuses, à contre-courant des connaissances sur le développement de l’enfant et des réalités terrain.

Déborah Dewulf, de l’ONE, ne préconise pas de créer plus de places massivement. Elle insiste sur le maintien des milieux existants et des projets innovants, comme rapporté par RTL. « Il faut surtout faire en sorte de maintenir les milieux d’accueil existants », déclare-t-elle.

Quelles implications pour les familles et le secteur ?

Les parents continueront à affronter un parcours du combattant pour inscrire leurs enfants. La dégradation de la qualité risque de limiter l’accès à un accueil adapté, particulièrement pour les familles modestes dépendant des barèmes revenus.

Le secteur prévoit une aggravation de la pénurie dès 2026, avec des fermetures menaçant l’offre actuelle. Sans ajustements, les crèches réduiront leurs capacités, impactant l’emploi et la conciliation vie professionnelle-familiale, surtout pour les mères.

Les engagements publics pour une accessibilité universelle sont remis en cause. Le budget impose des choix de court terme, fragilisant un secteur clé pour le développement précoce des enfants en Fédération Wallonie-Bruxelles.

La situation appelle une mobilisation accrue. Les acteurs espèrent des mesures correctives pour préserver les places existantes et innover face à la demande persistante, malgré la dénatalité.

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