Bruxelles (Le Journal de Bruxelles) 13 janvier 2026 – Engie rejette fermement la possibilité de redémarrer le réacteur Tihange 1, arrêté définitivement en septembre 2025. Le CEO d’Engie Belgium juge un tel projet impensable en raison de coûts excessifs et de contraintes techniques. Les autorités belges, face à la crise énergétique, explorent toutefois des options de prolongation pour d’autres unités nucléaires.
Engie, exploitant de la centrale nucléaire de Tihange en Wallonie, a répondu aux demandes des autorités belges en affirmant qu’un redémarrage de Tihange 1 est impossible. Cette position intervient après l’arrêt définitif du réacteur le 30 septembre 2025, dans un contexte de tensions sur l’approvisionnement énergétique en Belgique. Le gouvernement fédéral pousse pour prolonger la durée de vie de certaines centrales afin de limiter la dépendance aux importations de gaz et de pétrole.
Pourquoi Engie refuse-t-il de redémarrer Tihange 1 ?
Le réacteur Tihange 1, un réacteur à eau sous pression d’une puissance nette de 962 MW, a été mis en service en 1975 après cinq ans de construction. Il a été définitivement arrêté le 30 septembre 2025 à 23h21, marquant la fin de ses 50 ans d’exploitation. Selon Engie-Electrabel, un redémarrage nécessiterait une planification d’au moins cinq ans à l’avance et une inscription légale préalable, ce qui n’a pas été le cas.
Le CEO d’Engie Belgium a déclaré que les travaux de modernisation requis rendraient une prolongation trop coûteuse et non réalisable. L’entreprise estime que les opérations irréversibles de mise à l’arrêt ont déjà commencé, rendant tout retour en arrière impossible. Deux nouvelles centrales à gaz sont en construction dans la région pour compenser la perte de production nucléaire.
Quelle est la position des autorités belges face à cette décision ?
Le ministre de l’Énergie, Mathieu Bihet, a demandé à Engie de ne pas lancer d’opérations irréversibles sur Tihange 1, dans l’espoir d’obtenir une seconde prolongation d’exploitation. Cette requête s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement de Alexander De Croo, arrivé au pouvoir en février 2025, visant à relancer l’énergie nucléaire via de nouvelles constructions et prolongations.
En mai 2025, le Parlement belge a abrogé la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire, initialement prévue pour clore toutes les centrales d’ici fin 2025. Le gouvernement est en discussions avec Engie et EDF pour explorer des options. La véritable phase de démantèlement de Tihange 1 n’est prévue qu’en 2028, mais Engie pourrait retirer la tour de refroidissement dès 2026 pour préparer le démantèlement de Tihange 2.
Quelles prolongations ont déjà été accordées ?
Engie et l’État belge ont signé en mars 2025 un accord pour prolonger de 10 ans les réacteurs Doel 4 et Tihange 3, avec un redémarrage prévu en novembre 2026. Cet accord, approuvé par la Commission européenne le 21 février 2025, inclut le transfert de responsabilité des déchets nucléaires. Ces unités, d’une capacité totale de 2 GW, doivent compenser les arrêts antérieurs comme Doel 3 en septembre 2022 et Tihange 2 en janvier 2023.
Les réacteurs Doel 1 et 2, ainsi que Tihange 1, ont bénéficié d’une prolongation de 10 ans grâce à des investissements et contrôles, mais ils ont été mis à l’arrêt en 2025. Doel 1 a cessé ses opérations le 14 février 2025.
Quelles implications pour l’énergie en Belgique ?
La Belgique fait face à une crise énergétique aggravée par l’envolée des prix du gaz et les limitations sur les importations russes. L’arrêt de Tihange 1 accentue la dépendance aux énergies fossiles, malgré les nouvelles centrales à gaz en construction. Engie appelle les autorités à accélérer la transition énergétique en utilisant les moyens disponibles, sans regarder en arrière.
Le redémarrage potentiel de Doel 4 et Tihange 3 pourrait éviter une pénurie d’électricité lors de l’hiver 2025-2026, mais des arrêts d’entretien sont envisagés. Le Forum nucléaire suisse note que la phase de démantèlement de Tihange 1 libérera de l’espace pour Tihange 2, avec des opérations prévues à partir de 2026.
Engie confirme son engagement dans la production nucléaire via les unités prolongées, tout en préparant le démantèlement des réacteurs obsolètes. Les discussions entre le gouvernement et les opérateurs se poursuivent pour sécuriser l’approvisionnement à long terme.