Secrétaire général de l’ONU demande à Israël d’annuler interdiction d’ONG

Lailuma Sadid
Credit: Getty Images

Gaza (Le Journal de Bruxelles) – Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a demandé à Israël de revenir sur l’interdiction de 37 ONG fournissant une aide vitale à Gaza et en Cisjordanie, avertissant que sa mise en œuvre menacerait le cessez-le-feu et mettrait en danger le personnel humanitaire, alors que huit pays dénoncent les restrictions persistantes et l’engorgement des camps.

Le secrétaire général de l’ONU demande à Israël de lever l’interdiction des ONG à Gaza

Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a exhorté Israël à revenir sur l’interdiction imminente visant 37 organisations non gouvernementales (ONG) opérant dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée.

Dans une déclaration publiée vendredi, Guterres a qualifié le travail de ces organisations d’« indispensable pour l’aide humanitaire vitale », selon le porte-parole Stéphane Dujarric. Il a également averti que cette suspension

« risque de compromettre les progrès fragiles réalisés dans le cadre du cessez-le-feu ».

Nouvelles exigences d’enregistrement en Israël

Israël a interdit aux ONG humanitaires de poursuivre leurs activités pour ne pas avoir respecté de nouvelles règles d’enregistrement. Celles-ci imposent aux groupes travaillant dans les territoires occupés de fournir des

« informations détaillées sur leur personnel, leur financement et leurs opérations ».

L’État israélien a annoncé que l’interdiction entrerait en vigueur le 1er mars. Les experts dénoncent ces exigences comme arbitraires et contraires aux principes humanitaires internationaux.

Les ONG ont fait valoir que la transmission de données personnelles sur leurs employés palestiniens pourrait les mettre en danger.

Organisations ciblées

Parmi les groupes visés figurent plusieurs sections nationales de Médecins Sans Frontières (MSF), le Conseil norvégien pour les réfugiés et le Comité international de secours (International Rescue Committee).

Ces ONG représentent une part considérable de la capacité médicale disponible à Gaza et sont essentielles pour assurer l’accès aux soins dans la région.

Le lourd bilan pour les travailleurs humanitaires

Depuis le début du conflit, environ 500 travailleurs humanitaires ont été tués par les forces israéliennes à Gaza, faisant de ce conflit le plus meurtrier jamais enregistré pour le personnel d’aide humanitaire.

Au total, au moins 71 271 Palestiniens ont perdu la vie depuis le 7 octobre 2023, selon les autorités locales.

Guterres avertit d’une aggravation de la crise

Guterres a souligné que l’interdiction des ONG

« s’ajoute aux restrictions précédentes qui ont déjà retardé l’acheminement de denrées alimentaires, de médicaments, de produits d’hygiène et de matériel de logement essentiels ».

« Cette action récente risque d’aggraver davantage la crise humanitaire à laquelle sont confrontés les Palestiniens »,

a-t-il averti.

Déplacements massifs à Gaza

Pratiquement toute la population de Gaza a été déplacée à plusieurs reprises pendant le conflit, et beaucoup vivent encore dans des tentes ou des abris temporaires.

Avant le cessez-le-feu d’octobre, Israël maintenait de sévères restrictions sur l’entrée de l’aide humanitaire. Le cessez-le-feu devait garantir un accès sans entrave à l’aide, mais selon les ONG, les blocages persistent pour certains matériels essentiels, notamment ceux permettant de mieux protéger les populations contre les inondations et les tempêtes hivernales dévastatrices.

Appel conjoint de huit pays

Vendredi, les ministres des Affaires étrangères de huit pays – Qatar, Égypte, Jordanie, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Turquie, Pakistan et Indonésie – ont mis en garde contre la détérioration des conditions à Gaza, qui menace de provoquer encore davantage de pertes humaines.

« Camps inondés, tentes endommagées, effondrement de bâtiments fragiles et exposition au froid combinés à la malnutrition augmentent considérablement les risques pour les civils»,

ont-ils déclaré. Ils ont appelé la communauté internationale à faire pression sur Israël, en tant que puissance occupante, pour lever immédiatement les restrictions sur l’entrée et la distribution de fournitures essentielles telles que tentes, matériaux d’abris, assistance médicale, eau potable, carburant et services d’assainissement.

Dégâts dus aux tempêtes hivernales

Les inondations hivernales ont causé d’importants dégâts dans les camps de déplacés à Gaza, tandis qu’Israël bloque l’acheminement de matériel de logement malgré ses engagements liés au cessez-le-feu.

Les ONG et les experts humanitaires estiment que ces restrictions violent les principes de neutralité et d’impartialité du droit international humanitaire, exposant le personnel à des risques accrus.

Échec de la mise en œuvre du cessez-le-feu

Le cessez-le-feu d’octobre prévoyait un accès sans entrave à l’aide humanitaire. Cependant, Israël continue d’interdire certains matériaux dits « à double usage », comme les sacs de sable ou les barres de renforcement, limitant la capacité des ONG à améliorer la protection des civils.

Depuis le cessez-le-feu, au moins 414 Palestiniens supplémentaires ont été tués, portant le total depuis le début du conflit à 71 271 victimes.

Détails de la nouvelle réglementation

La nouvelle loi israélienne exige la divulgation des identités des employés, des listes de donateurs et des plans opérationnels des ONG. Les organisations disposent d’un délai de 90 jours pour se conformer, sous peine de fermeture.

Le personnel palestinien craint d’être accusé de collaboration et de subir des représailles de la part de toutes les parties au conflit.

Déclaration des ministres étrangers régionaux

Les ministres des pays du Golfe et d’Asie mentionnés ont explicitement désigné Israël comme la « puissance occupante » violant le droit international humanitaire. Ils ont souligné que la combinaison des inondations, du froid et de la malnutrition amplifie la crise et exigent l’intervention immédiate du Conseil de sécurité et de Guterres.

Contexte du cessez-le-feu

Le porte-parole de Guterres, Stéphane Dujarric, a précisé que l’interdiction des ONG menace les « progrès fragiles » du cessez-le-feu, alors que ces 37 organisations représentent environ 40 % de la capacité médicale disponible à Gaza selon l’OCHA.

La date limite du 1er mars laisse une fenêtre de conformité, mais la suspension des activités pourrait commencer immédiatement si les ONG ne respectent pas les exigences.

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Lailuma Sadid est une ancienne diplomate à l'ambassade de la République Islamique d'Afghanistan auprès du Royaume de Belgique, en charge des affaires liées à l'OTAN. Elle a suivi des formations à l'OTAN et a été intervenante lors d'événements au siège de l'OTAN à Bruxelles, ainsi qu'aux Pays-Bas, en Allemagne, en Estonie et en Azerbaïdjan. Sadid a également été reporter politique pour l'agence de presse Pajhwok, couvrant la conférence de Londres en 2006 et le sommet de Lisbonne en 2010.
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