New York (Le Journal de Bruxelles) – Zohran Mamdani a prêté serment en tant que premier maire musulman de New York lors d’une cérémonie à minuit supervisée par la procureure générale Letitia James, sa femme Rama Duwaji tenant un Coran pendant le serment. Cet événement historique souligne l’importance de la diversité religieuse et symbolise l’identité multiculturelle de la ville, marquant un moment symbolique de transition dans la direction municipale alors que la ville se prépare aux célébrations du Nouvel An 2026.
Cérémonie historique d’investiture à minuit
Le politicien démocrate Zohran Mamdani a prêté serment comme premier maire musulman de New York, marquant un jalon pour la représentation religieuse dans l’une des plus grandes villes des États-Unis. La cérémonie s’est tenue à minuit lors des festivités traditionnelles du Nouvel An, symbolisant la transition vers l’année 2026. La procureure générale de l’État de New York, Letitia James, a supervisé l’événement, conférant un poids cérémonial à l’investiture. L’épouse de Mamdani, l’artiste Rama Duwaji, a tenu un Coran pendant la prestation de serment, reflétant la dimension personnelle et culturelle du maire.
Importance du mandat de Mamdani
L’accession de Mamdani à la mairie représente un changement profond dans le paysage politique new-yorkais, où les musulmans constituent environ 9 % de la population mais ont rarement occupé des postes exécutifs majeurs. En tant que démocrate, il a fait campagne sur des priorités progressistes telles que le logement abordable, la réforme de la sécurité publique et l’équité économique, mobilisant les communautés ouvrières et immigrées. Sa victoire en novembre 2025 face à un large éventail de candidats, y compris des démocrates établis et des indépendants, a reflété l’appétit des électeurs pour un leadership renouvelé. Ce mandat historique symbolise également la diversité et l’inclusivité de la gouvernance new-yorkaise.
La prestation de serment par Letitia James
La procureure générale Letitia James, première femme noire à occuper ce poste, a administré le serment, soulignant l’importance historique de l’événement. Elle a salué l’engagement de Mamdani en faveur de la justice, de l’équité et de l’esprit durable des New-Yorkais. La tenue de la cérémonie à minuit a fait écho aux célébrations emblématiques du Times Square Ball Drop, fusionnant transition politique et festivité civique suivie par des millions de personnes dans le monde entier. Cette simultanéité a renforcé la visibilité et la symbolique de l’investiture.
Le rôle symbolique de Rama Duwaji
L’artiste Rama Duwaji, épouse de Mamdani, a joué un rôle poignant en tenant le Coran pendant le serment, respectant la tradition des jurons religieux dans les fonctions publiques américaines. Son engagement artistique autour de l’identité et de la migration symbolise le parcours personnel de Mamdani, de ses racines immigrées jusqu’à l’Hôtel de Ville. Sa présence a également mis en lumière le soutien familial dans le contexte d’une intense attention médiatique et politique. Elle incarne le lien entre la sphère privée et la responsabilité publique dans la gestion d’une ville complexe comme New York.
Parcours et ascension de Mamdani
Né de parents indo-ougandais, Zohran Mamdani a immigré aux États-Unis dans son enfance et s’est impliqué dans les cercles militants new-yorkais. Élu à l’Assemblée de l’État en 2020 pour le Queens, il s’est distingué comme défenseur des droits des locataires, de la justice climatique et de la responsabilité policière. Sa campagne à la mairie a mis l’accent sur des budgets participatifs, réaffectant des fonds de la police vers les services sociaux, et a reçu le soutien de figures progressistes comme Alexandria Ocasio-Cortez. Son parcours illustre la montée d’un leadership jeune et engagé dans la politique municipale.
Défis du nouveau maire
New York fait face à des tensions post-COVID, une arrivée massive de migrants surchargant les centres d’hébergement et une hausse de la criminalité dans le métro. Mamdani hérite d’un budget de 115 milliards de dollars avec des déficits imminents et promet des audits des contrats sans appel d’offres ainsi qu’une réforme de la fiscalité des milliardaires. La sécurité publique reste prioritaire, avec 20 homicides enregistrés au premier semestre 2025, en baisse par rapport aux pics mais toujours au-dessus des niveaux pré-pandémie. Le maire doit naviguer entre pressions économiques et attentes de la population.
Réactions politiques et soutiens
Le maire élu a reçu des félicitations de l’ensemble du spectre politique, bien que des tensions subsistent avec les modérés. La gouverneure Kathy Hochul a salué « un nouveau chapitre de leadership inclusif », tandis que le maire sortant Eric Adams, confronté à des enquêtes pour corruption, s’est contenté d’un « bonne chance » succinct. Au niveau national, les démocrates considèrent Mamdani comme un pont entre progressistes urbains et électeurs suburbains avant les élections de mi-mandat 2026.
Célébrations au sein de la communauté musulmane
Les 800 000 musulmans de New York ont accueilli l’investiture comme une reconnaissance après des années de suspicion post-11 septembre. Les imams du Queens ont dirigé des prières de remerciement et des groupes de jeunes ont prévu des campagnes d’engagement civique. Nihad Awad, directeur exécutif du CAIR, a déclaré que cet événement prouve que foi et patriotisme peuvent coexister dans la démocratie américaine. Cette reconnaissance symbolique renforce le sentiment d’inclusion et de représentation.
Échos internationaux
Les médias mondiaux ont présenté le serment de Mamdani comme un exemple de pluralisme occidental, contrastant avec les tendances autoritaires ailleurs. De Londres à Lahore, les médias ont salué la prestation sur le Coran comme une affirmation de la liberté religieuse garantie par la Constitution américaine. Les communautés pakistano-américaines ont célébré le lien avec l’héritage de Mamdani, stimulant l’engagement politique des diasporas. Cet intérêt international souligne l’impact symbolique du mandat de Mamdani au-delà de New York.
Priorités politiques annoncées
Mamdani prévoit un agenda sur 100 jours ciblant la garde universelle d’enfants, le gel des loyers et la transition vers des emplois verts. Il s’engage à créer 5 000 logements abordables grâce à la réaffectation des terrains publics et à introduire des bus gratuits pour réduire les émissions. Sa stratégie de sécurité publique privilégie les intervenants en santé mentale pour les appels non violents plutôt que le recours systématique à la police. Ces mesures illustrent sa vision d’un leadership centré sur le quotidien des habitants.
Relations avec le conseil municipal
Ses alliés progressistes, comme la présidente de l’Assemblée Adrienne Adams, promettent de soutenir l’« agenda équitable » de Mamdani. Les démocrates modérés surveillent les initiatives de réallocation de fonds par précaution pour la sécurité des citoyens. Les républicains dénoncent une prétendue « prise de contrôle socialiste », prévoyant des conséquences fiscales graves. Les débats municipaux mettront à l’épreuve l’équilibre entre réformes progressistes et réalités budgétaires.
Vision économique pour la relance
Mamdani souhaite mobiliser la richesse de Wall Street pour soutenir l’économie locale par le biais de taxes sur les milliardaires finançant les infrastructures. La reprise du tourisme post-pandémie sera stimulée par les candidatures pour la Coupe du Monde 2026, mettant en avant l’attrait multiculturel de la ville. Les hubs technologiques de Brooklyn seront régulés pour concilier éthique de l’IA, innovation et équité. L’accent est mis sur une croissance inclusive et durable.
Potentiel historique et héritage
À 34 ans, Mamdani devient le plus jeune maire depuis John Lindsay, avec un potentiel de mandat transformateur. Des parallèles historiques sont établis avec les réformes de Fiorello La Guardia durant la Grande Dépression. Les défis sont importants, mais la prestation de serment sur le Coran symbolise une détermination ancrée dans la foi et le service public, promettant une nouvelle ère pour la ville de New York.